UN PETIT POISSON, UN PETIT OISEAU de Juliette Gréco

Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau
Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut

Quand on est là-haut
Perdu aux creux des nuages
On regarde en bas pour voir
Son amour qui nage
Et on voudrait bien changer
Au cours du voyage
Ses ailes en nageoires
Les arbres en plongeoir
Le ciel en baignoire

Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut
Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau

Quand on est dans l’eau
On veut que vienne l’orage
Qui apporterait du ciel
Bien plus qu’un message
Et pourrait changer d’un coup
Au cours du voyage
Des plumes en écailles
Des ailes en chandail
Des algues en paille

Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau
Un petit poisson, un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut

Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau

LA DAME BRUNE de Barbara et Georges Moustaki

Pour une longue dame brune, j’ai inventé 
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets. 
Si jamais elle l’entend un jour, elle saura 
Que c’est une chanson d’amour pour elle et moi. 

Je suis la longue dame brune que tu attends. 
Je suis la longue dame brune et je t’entends. 
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi. 
Ta guitare, orgue de fortune, guide mes pas. 

Pierrot m’avait prêté sa plume ce matin-là. 
A ma guitare de fortune j’ai pris le la. 
Je me suis pris pour un poète en écrivant 
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent. 

Pierrot t’avait prêté sa plume cette nuit-là. 
A ta guitare de fortune, tu pris le la, 
Et je t’ai pris pour un poète en écoutant 
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent. 

J’ai habillé la dame brune dans mes pensées 
D’un morceau de voile de brume et de rosée. 
J’ai fait son lit contre ma peau pour qu’elle soit bien, 
Bien à l’abri et bien au chaud contre mes mains. 

Habillée de voile de brume et de rosée 
Je suis la longue dame brune de ta pensée. 
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi. 
A travers les monts et les dunes, j’entends ta voix. 

Pour une longue dame brune, j’ai inventé 
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets. 
Je sais qu’elle l’entendra un jour, qui sait demain, 
Pour que cette chanson d’amour finisse bien. 

Bonjour, je suis la dame brune, j’ai tant marché. 
Bonjour, je suis la dame brune, je t’ai trouvé. 
Fais-moi place au creux de ton lit, je serai bien, 
Bien au chaud et bien à l’abri contre tes reins.

J’VOUDRAIS QUE QUELQU’UN ME CHOISISSE de Dani

J’voudrais que quelqu’un me choisisse 
Que quelqu’un m’aime avant qu’j’moisisse 
Un garçon vaillant accomplisse 
Ce p’tit exploit, vouloir de moi

Le premier pas, je l’ferai pas 
J’laisse le prince charmant faire un peu d’exercice 
Moi j’attends mais faut dire pour l’insant 
Personne vient proposer ses services, proposer ses services

J’voudrais que quelqu’un me choisisse 
Que quelqu’un m’aime avant qu’j’moisisse 
J’crirai pas « Allo police » 
Si un rôdeur chaparde mon coeur

Je vaux de l’or, j’suis un trésor 
Mais la vie me traite comme un tas d’immondices 
Y’a des filles qui traînent une escadrille d’amoureux au sourire dentifrice 
Au sourire dentifrice

J’voudrais que quelqu’un me choisisse 
Que quelqu’un m’aime avant qu’j’moisisse 
J’guette en vain l’entré en lice 
Du chevalier sur son destrier

Faut qu’y s’dépêche, j’suis encore fraîche 
Mais à poireauter je crois que j’dépérisse 
Est-c’que dieu pourra du haut des cieux 
Tolérer longtemps cette injustice 
Longtemps cette injustice 
Longtemps

https://youtu.be/aUIAcImT0ls

JE VOUDRAIS DORMIR de Jeanne Cherhal

Je suis debout dans la cuisine et je ne pense à rien.
Enfin à rien, c’est difficile, même impossible.
Y a toujours un petit quelque chose qui vient on ne sait
d’où,
un détail sur le mur le papier peint, une parole pas
digérée.
Quand on voudrait avoir la tête vide ça nous vient comme
ça.
Je voudrais dormir.

LE BAL DES FOLLES de Victoria Mas

Certains livres sont comme des bonbons.

Vous savez que vous allez finir le paquet d’un seul coup et que ce sera délicieusement régressif. Vous connaissez la plupart des goûts, c’est tout ce que vous aimez, fraise, citron, menthe. Il y a des nouveautés, acidulées, qui vous picotent la langue et font le plein de sensations. C’est un plaisir connu et rassurant.

Le Bal des Folles fait partie de ces livres. Vous le pressentez rien qu’en lisant le résumé. Le sujet est alléchant, l’intrigue est bien construite, l’histoire plaît sans nous bousculer. C’est ce qu’on appelle un page-turner. Bien sûr, c’est captivant, on découvre un univers d’autant plus passionnant qu’il est historique et méconnu. Tous les ingrédients sont là : des surprises, des personnages sacrifiés car il en faut, des rêves enterrés car c’est souvent le propre des rêves, des vies brisées qui mettent en exergue celles qui seront sauvées. Au final, le lecteur a ce qu’il veut, le contrat est rempli. On a passé un très bon moment. 

Victoria a de l’avenir….

« Vous êtes cordialement conviés au bal costumé de la mi-carême, qui aura lieu le 18 mars 1885 à l’hôpital de la Salpêtrière. »

Ce bal est le point d’orgue du livre, l’événement où le Tout Paris accourt pour se procurer sa dose d’adrénaline, pour frissonner sans danger. Car dans ce bal, se côtoient la haute société et les folles de l’hôpital de la Salpétrière.

On y découvre les dingues, les sorcières, les hystériques, les apathiques…

Derrière ces termes, des femmes brisées par les hommes car « trop ». Trop indépendantes, trop rebelles, trop érudites, trop curieuses. Elles gênent, dérangent, troublent l’ordre établi et confortable de la société. Elles osent parler tout haut, espérer une vie où elles seraient écoutées, considérées. Elles viennent de tous les milieux, le besoin de liberté ne s’embarrasse pas des conditions sociales. Mais l’ordre patriarcal transcende les classes, c’est même leur seul point commun.

Alors, elles sont décrétées folles, enfermées, étudiées, deviennent des cobayes au nom de la science. Certaines s’en accommodent, après tout, être enfermée dehors ou être enfermée dedans, quelle différence ? D’autres pas.

… et du travail.

C’est son premier roman et je l’ai dévoré. Pour plein de raisons : c’est un roman historique, le Paris de la Belle Époque. Il parle des femmes, de folie, de violence et de liberté.

Le roman de Victoria pourrait être ambitieux, pourtant il m’a laissé un goût d’inachevé.

Le style, d’abord, est trop scolaire, trop anodin, malgré quelques passages intenses qui augurent une écrivaine capable de puissance.

L’histoire, enfin. L’intrigue est structurée, presque trop. Victoria ne s’est autorisée aucun écart, de ces écarts qui vous culbutent, vous ravagent.

Je vous le conseille néanmoins. Victoria Mas livre là un étonnant et séduisant roman-feuilleton, de ceux que l’on lisait dans les gazettes du temps du Bal des folles. Et ce n’est pas donné à tout le monde !

JE N’AI PAS DIT de Anne Sylvestre

Photo Philomène Petit Jean

Je n’ai pas dit mon dernier mot d’amour
Il était là, posé en filigrane
Dans son désert, il attendrait toujours
Si vous n’aviez croisé ma caravane
Au point du jour

Je n’ai pas fait ma dernière folie
Dernière danse au bord du précipice
Le grand écart juste avant l’embolie
Mille soleils attendant le solstice
Et l’embellie

Je n’ai pas dit cet éblouissement
Colin-maillard à saveur enfantine
Ni ce coup de foudre à retardement
Si chamboulée que j’en oublie mes rimes
Éperdument

Je n’ai pas fait ma dernière marelle
Ni sur un pied remonté votre enfer
Un bout de ciel collé à mes semelles
M’a bientôt laissé la tête à l’envers
Et sans cervelle

Je n’ai pas dit toutes les litanies
Qui, comme l’eau, ruissellent de mes lèvres
Vous n’y verriez que des fleurs d’insomnie
Vous pourriez à raison les trouver mièvres
Monotonie

Je n’ai pas fait mon tout dernier faux-pas
Petit vertige annonçant la cassure
Ce léger bruit vous ne l’entendrez pas
Coquille d’escargot sous la chaussure
Petit coma

Je n’ai pas dit les mots qu’on attendait
Ni testament ni dernier inventaire
Pas divulgué mon ultime regret
Ni dévoilé mes blessures de guerre
Je les tairai

Je n’ai pas fait ma dernière lessive
Pas savonné les vieux restes de peur
Pas recousu cette morsure vive
Que l’on me fit à la place du cœur
Pas si naïve

Je n’ai pas dit mon dernier mot d’amour
Quand il viendra, l’aurez-vous reconnu ?
S’il échouait dans votre arrière-cour
Tâchez au moins qu’il ne soit pas perdu
Pas confondu

Tâchez au moins qu’il ne soit pas perdu

NEW-YORK, NEW-YORK par Liza Minnelli

Start spreading the news
I’m leaving today
I want to be a part of it 
New-York, New-York
These vagabond shoes are longing to stray
And step a round of heart of it 
New-York, New-York

I want to wake up in that city, that doesn’t sleep
To find I’m king of the hill 
Top of the heap

My little town blues, 
Are melting away
I’ll make a brand new start of it 
In old New-York
If I can make it there, 
I’ll make it anywhere
It’s up to you 
New-York, New-York

New-York, New-York 
I wanna wake up, in the city that doesn’t sleep,
To find I’m king of the hill, head of the list 
Cream of the crop at the top of the heap 

My little town blues are melting away 
I’ll make a brand new start of it, in old New-York 
If I can make it there, I’d make it anywhere 
Come on, come through New-York, New-York

https://youtu.be/ns6YbcoRy2U

LES DESSOUS CHICS de Serge Gainsbourg

Des chansons divines de Serge, il y en a à la pelle… mais c’est celle-ci… entre toutes… depuis toujours.

Les dessous chics 
C’est ne rien dévoiler du tout 
Se dire que lorsqu’on est à bout 
C’est tabou

Les dessous chics 
C’est une jarretelle qui claque 
Dans la tête comme une paire de claques 

Les dessous chics 
Ce sont des contrats résiliés 
Qui comme des bas résilles 
Ont filé

Les dessous chics 
C’est la pudeur des sentiments 
Maquillés outrageusement 
Rouge sang

Les dessous chics 
C’est se garder au fond de soi 
Fragile comme un bas de soie 

Les dessous chics 
C’est des dentelles et des rubans 
D’amertume sur un paravent 
Désolant

Les dessous chics 
Ce serait comme un talon aiguille 
Qui transpercerait le coeur des filles

https://youtu.be/SEjmofaVuDY

SORCIÈRES (ou La puissance invaincue des femmes) de Mona Chollet

Mona CHOLLET a tout pour me plaire !

Je suis tombée en arrêt devant ce livre à la Fnac. Mais vraiment en arrêt ! Je suivais Népoux qui voulait me montrer un ouvrage EX-TRA-OR-DI-NAIRE, quand, soudain, je me suis immobilisée et plus rien ne comptait hormis ce bouquin. Laissant Népoux continuer à tracer dans les rayonnages, parlant tout seul, persuadé qu’il était que je le suivais, j’observe la couverture. Le titre, Sorcières, et l’illustration 😍. Un vrai coup au cœur ! Tout était réuni pour un potentiel gros gros coup de foudre. Même le fait que ce soit un essai ne m’a pas arrêtée, moi l’accro aux romans, au contraire ! Je subodorais qu’on allait sortir des sentiers battus, que les sorcières en question allaient être diablement intéressantes et subversives. Tel un Jean-Marc Généreux de la littérature : J’ACHÈÈÈÈÈÈTE !!!

Je démarre, et là, joie intégrale. Mona et moi avons plein de références communes. Quel bonheur de lire un livre peuplé de gens que j’admire. Des êtres qui sortent des clous, mais pas seulement. Ils ont une vision, des convictions chevillées au corps, un génie, un courage, un humour… Et même si toutes les vies se valent, la leur m’émerveille tant ! Alan Moore, Gloria Steinem, Anne Sylvestre, Clarissa Pinkola Estes, pour ne citer qu’eux, des âmes tellement riches et plurielles qu’il est réducteur de les qualifier.

Et ça continue ! Références pop-culturelles (ma passion, inventer des mots 🥶), historiques, etc. Bon sang, c’est jouissif ! Quand, en plus, Mona se décrit comme un cliché sexiste ambulant : émotive, impulsive, parfois naïve, maladroite, toujours à côté de la plaque. Une bourgeoise un peu coincée qui aime que rien ne dépasse, que tout soit carré, mais mue intérieurement par une petite voix qui la titille, une voix de révolte qui la bouscule, ne la laisse pas en paix. Mais bordel, Mona c’est moi !!!

Disney et la Renaissance ont bien miné les femmes !

Oubliez la représentation de la vieille, moche, aigrie et méchante telle que nous a abreuvé Disney à longueur de dessins animés ! C’est bien connu : toutes les insoumises sont laides et psychopathes ! Or, celles qu’on a désigné comme sorcières étaient simplement des femmes, qui avaient accumulé au fil des siècles, une force vitale, un savoir instinctif et expérientiel menaçant le pouvoir des hommes.

Je découvre, pêle-mêle, que la répression dont elles ont été victimes :

  • a été très peu le fait du fanatisme religieux mais surtout de la société civile,
  • les protestants (que je voyais comme modérés et tolérants, ayant eux-mêmes été persécutés) y ont activement participé,
  • a culminé à la Renaissance (et non au Moyen-âge, comme je le pensais).

Pourquoi la Renaissance ? C’est l’apparition de l’homme nouveau, l’homme tout puissant, qui, grâce aux multiples découvertes géographiques et scientifiques, réussit à dompter la nature. La science se pare alors d’atouts exclusivement masculins :

  • intelligence (le cerveau de la femme est plus petit et plus léger, CQFD),
  • réflexion (si on savait réfléchir, ça se saurait),
  • rationalité (y a-t-il plus illogique qu’une meuf ?),
  • stabilité (la femelle est totalement hystérique),
  • rigueur (plus bordélique qu’une nana, y’a pas),
  • transparence (on est toutes une sale bande de sournoises), et j’en passe.

Exit tout ce qui est créativité, imagination, inspiration, intuition, etc. La femme est cause de désordre, comme la nature, et doit être domptée, comme elle. Bref, « la machine à fabriquer l’homme nouveau est aussi une machine à tuer la femme ancienne ». Cet évincement de la femme de l’Histoire et son asservissement se sont encore accentués lors de l’avènement du capitalisme.

Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à brûler ! 😈😈😈

Je ne vous dis pas le retard qu’il y a à rattraper ! Même le trône de fer paraît plus accessible !

Mona étudie plus particulièrement trois types de femmes qui cristallisent tous les rejets, toutes les haines :

  • la femme indépendante (c’est-à-dire hors de contrôle pour l’homme). Inacceptable ! La meilleure solution est de nous passer le goût de la liberté. Souvenez-vous du personnage de Glenn Close dans Liaison Fatale. Une femme libre, professionnellement et sexuellement, ça cache forcément quelque chose (Zou ! On va lui coller solitude et déséquilibres, ça va calmer tout le monde 🥳🥳🥳).
  • la femme sans enfant. Une femme ne peut trouver de véritable épanouissement qu’à travers l’enfantement. La pitié est réservée à celles qui ne peuvent connaître cette joie ultime et la haine, à celles qui ne le souhaitent pas. Et Mona, de citer Pauline Bonaparte : « les enfants, je préfère en commencer 100 que d’en finir un seul ». TU M’É-TO-NNES Pauline !
  • la vieille femme. L’horreur ultime ! Cachez cette décrépitude que les hommes (et beaucoup de femmes) ne sauraient voir !

Ce livre est passionnant et foisonnant ! Il a juste les défauts de ses qualités : parfois trop redondant et un peu désordonné, mais d’une richesse incroyable.

Et surtout, il annonce une excellente nouvelle : les sorcières sont de retour !

UNE SORCIERE COMME LES AUTRES de Anne Sylvestre

Je voue un amour inconditionnel à Anne Sylvestre, la plus envoûtante de toutes les sorcières !

S’il vous plaît
Soyez comme le duvet
Soyez comme la plume d’oie
Des oreillers d’autrefois

J’aimerais
Ne pas être portefaix
S’il vous plaît
Faîtes vous léger
Moi je ne peux plus bouger

Je vous ai porté vivant
Je vous ai porté enfant
Dieu comme vous étiez lourd
Pesant votre poids d’amour

Je vous ai porté encore
À l’heure de votre mort
Je vous ai porté des fleurs
Je vous ai morcelé mon coeur

Quand vous jouiez à la guerre
Moi je gardais la maison
J’ai usé de mes prières
Les barreaux de vos prisons

Quand vous mourriez sous les bombes
Je vous cherchais en hurlant
Me voilà comme une tombe
Et tout le malheur dedans

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui parle
Ou qui se tait
Celle qui pleure
Ou qui est gaie
C’est Jeanne d’Arc
Ou bien Margot
Fille de vague
Ou de ruisseau

Et c’est mon coeur
Ou bien le leur
Et c’est la soeur
Ou l’inconnue
Celle qui n’est
Jamais venue
Celle qui est
Venue trop tard
Fille de rêve
Ou de hasard

[Refrain]
Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

Il vous faut
Être comme le ruisseau
Comme l’eau claire de l’étang
Qui reflète et qui attend

S’il vous plaît
Regardez-moi je suis vraie
Je vous prie
Ne m’inventez pas
Vous l’avez tant fait déjà

Vous m’avez aimée servante
M’avez voulue ignorante
Forte vous me combattiez
Faible vous me méprisiez

Vous m’avez aimée putain
Et couverte de satin
Vous m’avez faite statue
Et toujours je me suis tue

Quand j’étais vieille et trop laide
Vous me jetiez au rebut
Vous me refusiez votre aide
Quand je ne vous servais plus

Quand j’étais belle et soumise
Vous m’adoriez à genoux
Me voilà comme une église
Toute la honte dessous

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Celle qui aime
Ou n’aime pas
Celle qui règne
Ou se débat
C’est Joséphine
Ou la Dupont
Fille de nacre
Ou de coton

Et c’est mon coeur
Ou bien le leur
Celle qui attend
Sur le port
Celle des monuments
Aux morts
Celle qui danse
Et qui en meurt
Fille bitume
Ou fille fleur

[Refrain]
Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

S’il vous plaît
Soyez comme je vous ai
Vous ai rêvé depuis longtemps
Libre et fort comme le vent

Libre aussi
Regardez je suis ainsi
Apprenez-moi n’ayez pas peur
Pour moi je vous sais par coeur

J’étais celle qui attend
Mais je peux marcher devant
J’étais la bûche et le feu
L’incendie aussi je peux

J’étais la déesse mère
Mais je n’étais que poussière
J’étais le sol sous vos pas
Et je ne le savais pas

Mais un jour la terre s’ouvre
Et le volcan n’en peut plus
Le sol se rompant
Découvre des richesses inconnues

La mer à son tour divague
De violence inemployée
Me voilà comme une vague
Vous ne serez pas noyé

Ce n’est que moi
C’est elle ou moi
Et c’est l’ancêtre
Ou c’est l’enfant
Celle qui cède
Ou se défend
C’est Gabrielle
Ou bien Eva
Fille d’amour
Ou de combat

Et c’est mon coeur
Ou bien le leur
Celle qui est
Dans son printemps
Celle que personne
N’attend
Et c’est la moche
Ou c’est la belle
Fille de brume
Ou de plein ciel

[Refrain]
Et c’est ma mère
Ou la vôtre
Une sorcière
Comme les autres

S’il vous plaît
S’il vous plaît
Faites-vous léger
Moi je ne peux plus bouger.


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