CEUX QUI RESTENT de Jean Michelin

Qui est Jean Michelin ?

Un militaire et écrivain français. Ça claque non ?

Comment je l’ai connu ? Diantre, sur Twitter !

Il y raconte des trucs… à tendance militaire vu qu’il en est. Mais pas que. Il alterne les tweets drôles, intéressants, érudits et empreints d’humanité (et parfois les 4 à la fois).

Je suis comme beaucoup, pas particulièrement passionnée par l’armée mais reconnaissante quand elle intervient dans des zones-où-personne-n’a-envie-d’être-mais-faut-bien-que-quelqu’un-s’y-colle. Et puis la vie a fait que je fréquente régulièrement l’hopital militaire Percy. Forcément vous croisez des soldats, certains fringuants, certains abimés, et alors, le temps d’un instant, ça devient concret et ça vous saute à la gueule.

Je savais qu’il avait écrit un premier livre sur l’une de ses missions en Afghanistan. « Jonquille », du nom de sa compagnie. J’apprends qu’il sort son premier roman : « Ceux qui restent ».

Il écrit bien. En tous cas ses tweets. Ça peut paraître anecdotique, mais c’est un exercice difficile : réussir à intéresser et à créer du lien en 280 caractères.

Et puis, le mec sur la couverture du livre est beau comme un camion.

Zou ! C’est parti !

Ceux qui restent

Le caporal Lucien Guyader, alias Lulu, a disparu. Pas sur le front, non. Il est parti de chez lui. il s’est évaporé. Tout pointe une disparition volontaire. L’histoire devrait se terminer au bout de deux pages. S’il ne réapparaît pas, il sera déclaré déserteur et basta. Mais c’est sans compter sur ses camarades. Stéphane, son ex-chef qui a quitté l’armée pensant trouver enfin la paix de l’âme après une mission à l’issue tragique. Charlier, le tout nouveau qui le remplace et qu’a pas les codes. Marouane, le gars solide, un peu trop, qui alerte tout le monde. Et Romain qui ne sait pas trop ce qu’il fait là et à qui on donne des habits trop grands pour lui.

Ces quatre hommes vont partir à la recherche de Lulu.

Un thriller

C’est une véritable enquête qui commence. Une enquête qu’ils mènent seuls, au risque de tout perdre, leur famille, leur métier.

Pourquoi retrouver Lulu est-il si important ? C’est un frère d’armes ? Ok, mais y’en a un qui le connaissait même pas. Et les trois autres, qui pensaient si bien le connaître, à grand renfort de souvenirs et d’anecdotes. Parce que qu’est-ce qui peut être plus authentique que l’épreuve du feu ? Hein ? On se met à nu au service du groupe. Et bien, ils n’en finissent pas de le découvrir.

Alors pourquoi courir après un indice, même minime qui les mènera nulle part ? Pourquoi sauver Lulu ?

Peut-être pour se sauver eux-mêmes. Peut-être parce que Lulu, c’est eux. Parce qu’eux aussi un jour ça peut craquer et ils peuvent partir. Et inconsciemment je crois qu’ils aimeraient que quelqu’un les cherche. Pour que ce soit pas complètement fini, complètement foutu. Que quelqu’un s’obstine et patiemment les ramène à la vie. C’est peut-être aussi ce que leur apporte cette quête.

Plus on avance dans le récit, plus la narration devient intense. Entre fantômes et fêlures, les personnalités s’affinent, se délitent ou s’affirment.

Il écrit bien Jean, surtout les sentiments, les émotions. C’est un maelström qui vous aspire.

Je les envie en lisant le livre. J’envie leur silence, leur complicité, leurs engueulades, leur amitié sans effusion. J’envie l’intensité de leur vie.  

Et puis, il m’aura appris l’orthographe de l’expression « par acquit de conscience ». C’est pas rien ça 🤪.

Et les femmes dans tout ça ?

Elles sont là, à chaque page. Il nous livre un magnifique portrait de femmes de militaires. Sans apitoiement. Sans glorification. Avec justesse. Elles aussi elles combattent, tous les jours. Autant, si ce n’est plus qu’eux.

Et je repense à ce jeune militaire à Percy, qui, au hasard d’une pause clope, m’avait parlé de sa copine, parce que ça va pas être simple, elle va peut-être pas tenir, je sais pas ce que l’avenir nous réserve. Et moi, qui avais essayé de lui remonter le moral en mode « civil », en bonne mère de famille. Mais faut pas désespérer. Bien sûr que c’est pas simple. Mais y’a pas de raison si vous vous aimez. Quelle conne.

Jean est désormais dans ma bibliothèque et j’attends avec impatience le livre suivant.

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