TROUVER L’ENFANT de Rene Denfeld

De l’importance d’un titre de livre.

On sous-estime beaucoup l’importance d’un titre de livre, surtout actuellement. Un titre de roman, c’est une formule magique qui a un nombre incroyable de pouvoirs.

Un pouvoir d’attraction. Il doit vous accrocher, vous étonner, vous intriguer. Vous devez tomber en arrêt, vous approcher, prendre le livre, le tourner dans tous les sens.

Un pouvoir d’évocation. Il peut vous projeter dans un univers onirique, vous donner un parfum d’aventure, vous embarquer pour un voyage plein de découvertes, de senteurs, de sensualité ou de terreur. Si vous ne ressentez rien, passez votre chemin.

Enfin, un pouvoir de réflection. Avec la couverture, le titre est la vitrine du livre. Il doit lui être loyal. Ne pas faire de fausses promesses, ne pas le trahir, juste le laisser deviner.

Malheureusement, les bons titres ne sont pas à la mode. On peut dire que Katherine Pancol a fait beaucoup de mal avec sa trilogie Les yeux jaunes des crocodiles. Elle a lancé la tendance des titres à la con : Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi (🥶 bon sang, qui relit et valide ça ???), Mémé dans les orties, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Les gens heureux lisent et boivent du café, Ta nouvelle vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. Bientôt, il va falloir une double couverture pour les caser 😤. Je les trouve racoleurs. Ça en devient suspect cette façon qu’ils ont de trop en faire, de trop en montrer. Comme les bandes annonces où vous sentez qu’on a mis les meilleurs extraits du film, je me dis que c’est peut-être la meilleure phrase du livre… et je fuis. Je passe peut-être à côté de pépites…

Best titre ever

Et puis, il y a les autres. Des titres qui ont un pouvoir d’évocation incroyable, une simplicité, une pureté qui confinent à la magie, qui vous attirent irrésistiblement.

J’ai découvert Rene il y a quatre ans. Je prenais une chronique d’Olivia de Lamberterie en cours. Je n’avais pas entendu le nom du livre, mais la critique était juste Whaouuuuu. Avant même de savoir comment il s’appelait, je savais que j’allais le lire.

C’était sans compter sur le pouvoir ensorcelant du titre ! En ce lieu enchanté. Quatre petits mots qui m’ont bouleversée. Où que fût ce lieu, je devais y aller.

Rene est une auteure, journaliste et enquêtrice américaine, spécialisée dans les peines de mort. En ce lieu enchanté était son premier roman. Un roman fort, envoûtant, totalement en phase avec les promesses du titre.

Trouver l’enfant

C’est le titre de son deuxième roman. Radicalement différent du premier. Plus simple, plus sobre, plus informatif, moins onirique. Et ça me plaît ! Elle ne cherche pas à refaire une pâle copie, à exploiter un filon, à aguicher vulgairement. Elle est avant tout fidèle à son livre.

La femme qui retrouvait les enfants, c’est Naomie, jeune détective spécialisée dans la recherche d’enfants disparus. Elle-même a été une enfant enlevée et séquestrée. Elle sait l’incompréhension, la douleur, la terreur, le désespoir. Elle sait aussi l’instinct de survie, les pressentiments, la prescience. Le diable est dans les détails et elle traque le diable, s’attachant à des indices délaissés par les policiers ou occultés. Elle est contactée par les parents de Madison, fillette disparue depuis trois ans. Commence alors une course contre la montre dans les forêts enneigées et hostiles de l’Oregon.

Je veux être Rene Denfeld !

Ou plutôt, je veux écrire comme elle !

J’ai retrouvé la même grâce, l’écriture douce, ciselée, délicate, pleine de tendresse et de poésie pour raconter l’innommable. Des mots précis, justes, au pouvoir onirique, presque chuchotés, qui, pourtant, mis bout à bout forment une histoire et vous entraînent dans la noirceur. Rene vous immerge dans un univers féerique où les arbres, les rivières, le ciel ont le pouvoir de vous parler, de vous guider.

Le fossé entre la forme et le fond est tel que vous vous sentez envahis par une multitude de sensations qui tournent à l’obsession.

Seule ombre au tableau : la fin, trop évidente, trop facile, trop triviale, qui n’a pas la magie du livre.

Mais ce n’est pas grave, je veux quand même être Rene quand je serai grande 🥰 !

LE CAKE D’AMOUR de Peau d’Ane

Le Cake d’Amour, c’est ma madeleine à moi 😍😍😍

Préparez votre… préparez votre pâte
Dans une jatte… dans une jatte plate
Et sans plus de discours
Allumez votre… allumez votre four.

Prenez de la… prenez de la farine
Versez dans la… versez dans la terrine
Quatre mains bien pesées
Autour d’un puit creux… autour d’un puit creusé

Choisissez quatre… choisissez quatre œufs frais
Qu’ils soient du mat’… qu’ils soient du matin frais
Car à plus de vingt jours
Un poussin sort tou… un poussin sort toujours.

Un bol entier… un bol entier de lait
Bien crémeux s’il… bien crémeux s’il vous plait
De sucre parsemez
Et vous amalga… et vous amalgamez.

Une main de… une main de beurre fin
Un souffle de… un souffle de levain
Une larme de miel
Et un soupçon de… et un soupçon de sel.

Il est temps à… il est temps à présent
Tandis que vous… tandis que vous brassez
De glisser un présent
Pour votre fian… pour votre fiancé

Un souhait d’a… un souhait d’amour s’impose
Tandis que la… que la pâte repose
Lissez le plat de beurre
Et laissez cuire une… et laissez cuire une heure

Jacques Demy et Michel legrand

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