LES EXILÉS MEURENT AUSSI D’AMOUR de Abnousse Shalmani

J’ai eu mon dernier coup de foudre il y a 15 jours… et c’est pour une femme !

J’ai découvert par hasard que LCP a rajeuni son émission littéraire (vu qu’on partait de Jean-Pierre Elkabbach 😱, c’était assez facile).

L’émission en question s’appelle désormais Livres & Vous (vous l’avez ?😜), elle est présentée par une jeune femme, Adèle Van Reeth, le décor reste le même : la bibliothèque du Sénat. Mais surtout, ça reste l’une des rares émissions sous-titrées pour les sourds et les malentendants sur une chaîne qui, au vu de sa mission, devrait bosser un peu plus sur l’accessibilité !!!

L’émission a déjà commencé, deux auteures sont invitées, elles sortent, chacune, un livre traitant de l’exil.

L’une d’elles, Abnousse Shalmani, est en train de parler. Dans un premier temps, je ne l’écoute pas, je regarde ses cheveux. Je veux les mêmes ! Couleur miel, boucles de bébé, tellement épais qu’on pourrait en faire trois perruques.

CALME-TOI ! Qu’y-a-t-il SOUS ces cheveux ?

Il y a d’abord des yeux. Des yeux sombres, noirs. Tour à tour perçants, rieurs, interrogateurs ; un regard qui se plante dans le vôtre et qui ne le lâche pas.

Puis une bouche, sensuelle, téméraire, exigeante, une bouche pour la vie, qui parle, qui interpelle, qui contredit, qui rit.

Enfin un teint pâle à faire pâlir de jalousie une madone.

J’apprends qu’elle est d’origine iranienne. Née à Téhéran, elle arrive à Paris à l’âge de de 8 ans, avec ses parents qui fuient le régime khomeyniste.

Après le coup de foudre physique, vient le coup de foudre tout court.

Je l’écoute parler d’elle, de son livre, de son exil. C’est comme si un grand courant d’air frais s’engouffrait dans cette bibliothèque. Je suis partagée entre admiration et fous rires.

Admiration, tant elle semble n’avoir peur de rien. Elle affirme ses convictions avec enthousiasme sans être ni péremptoire, ni agressive. Elle est si spontanée, si bouillonnante que la présentatrice a du mal à canaliser l’entretien.

Fous rires car sa personnalité est telle qu’elle prend toute la place, occupe tout l’espace, reléguant les deux autres femmes à l’état de spectatrices, scrutant désespérément d’éventuelles respirations ou pauses qui leur permettraient d’en placer une. Je découvre que la pire chose qui puisse arriver à un écrivain est d’être invité avec elle… mais c’est tellement bon pour les téléspectateurs !

L’émission se termine, je dois lire son livre !

Qu’est-ce que l’exil ? Vous avez 3 heures.

Ce livre est à son image : authentique, foisonnant et exigeant.

C’est l’histoire d’une petite fille de 8 ans, Shirin, partie brusquement d’Iran pour atterrir en France. Elle est arrachée à son pays, sa langue, sa culture, son rang. Elle se retrouve, avec ses parents, dans un deux pièces où vivent déjà ses trois tantes et son grand-père maternels.

Autant de personnes toxiques dans un si petit espace, c’est un record ! Les trois tantes sont pleines d’idéaux, se rêvent révolutionnaires et veulent mener un combat, peu importe lequel, pourvu qu’elles en soient les égéries et qu’il y ait de la souffrance. Le grand-père est un pur salaud.

Comment trouver sa place dans cette famille dysfonctionnelle ? Dans ce pays qui est désormais le vôtre mais dont vous ignorez tout ?

L’émancipation de Shirin passera d’abord par les mots, la langue française. Elle va lui tourner autour, l’observer patiemment puis l’apprivoiser farouchement car sa vie en dépend. Mettre des mots sur les actes, décrire, exprimer ce qu’elle ressent avec justesse et précision, échanger avec d’autres personnes que sa famille, c’est commencer à avoir une existence propre, une indépendance, une légitimité.

Vient ensuite le corps. Ce corps dont on ne parle jamais, qui doit être caché, tu, obéissant, docile. L’envol de Shirin sera également physique, sans tabou, avec impudence et audace, à l’image de cette phrase : « Elle disait en riant qu’elle voulait donner une voix aux femmes qui aiment faire l’amour sans éteindre les lumières ».

Ce récit initiatique est, tour à tour, drôle, impertinent, triste mais toujours envoûtant.

Une seule critique : j’ai trouvé que le livre perdait un peu de son intensité à force de répétitions et longueurs sur la fin (trois fois rien, on coupe dix pages et c’est reparti 😇). Mais ce n’est pas grave, je suis tellement in love d’Abnousse que je lui pardonne 😍😍🤪. C’est décidé ! Ma prochaine lecture sera Khomeyny, Sade et moi !

LES EFFARÉS de Arthur Rimbaud

Ça parle de misère, d’enfance sacrifiée. Ça aurait pu être de Victor Hugo, mais c’est Arthur qui l’a écrit à 16 ans….

 

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Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
Leurs culs en rond

A genoux, cinq petits, – misère ! –
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond…

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l’enfourne
Dans un trou clair :

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.

Et quand, pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain,

Quand, sous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,

Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits pleins de givre,
Qu’ils sont là, tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,

Mais bien bas, comme une prière …
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,

Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…

PETIT PAYS de Gaël Faye

Quel est le rapport entre le rap, le slam et la littérature ?

À première vue, aucun !

Que nenni (oui, j’ai 125 ans 😂) !

Ce sont les mots ! Qu’ils soient déclamés, écrits, gueulés, chuchotés, je prends tout !

C’est l’amour du verbe, la force de la parole, l’envie de raconter, de partager des émotions, de se sentir vivant.

Je me souviens de la rage et de l’énergie que j’ai ressenties la première fois que j’ai écouté Paris sous les Bombes de NTM, de la mélancolie qui m’a envahie sur Midi Vingt de Grand Corps Malade ou encore du fracas éprouvé quand j’ai lu pour la première fois Voyage au bout de la nuit de Céline.

Quand je pense aux livres que j’ai lus, ce sont les émotions qui me reviennent en premier, avant même l’histoire dans son ensemble. Ma bibliothèque est pleine de pleurs, de joies, de colères, de dégoûts, de mélancolies, de fureurs… et parfois d’indifférences.

Et voilà qu’un slameur se met à écrire un roman alors que je ne savais même pas qu’il slamait !

Quand je vous dis que je suis en retard !

Ce livre date de 2016. L’auteur, Gaël Faye, a écumé tous les plateaux TV à sa sortie. Je découvrais totalement le personnage : slameur, poète, écrivain ; trois talents en un.

Lors des interviews, il semblait à la fois réservé et sûr de lui, une incarnation de la force tranquille, malgré sa jeunesse.

C’est peu de dire qu’on a beaucoup parlé de son livre. Il était partout ! Il a reçu plein de prix, a fait partie du dernier carré pour le Goncourt.

Ma pile à lire tenant plus du mur porteur que d’une pile à lire, je viens juste de le terminer (oui, deux ans après).

L’Afrique à hauteur d’enfant

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Ça commence par l’Afrique rêvée, fantasmée, même ; majestueuse, belle, lumineuse, simple, sauvage, enfantine. Ici, pas de surconsommation, de capitalisme effréné. On vit chichement, heureux, au contact des autres et de la nature. Tout ce que nous avons perdu en Occident : la part de nous, ancestrale, vitale.

Puis, viennent des noms magiques, qui ont le pouvoir de vous téléporter dès que vous les lisez : le lac Tanganyika, les montagnes du Zaïre, les plaines immenses, le quartier Kiriri. Vous êtes bientôt submergés par les évocations des marchés odorants, colorés, par les bruits, la musique (et c’est une sourde profonde qui le dit !). Vous y êtes ! Vous sentez les épices, la terre mouillée, les plantes, la brume. Vous êtes transportés dans l’Eden, ce paradis originel qui n’aurait été pollué ni par le péché, ni par le confort, ni par la corruption. Ce n’est pas la vérité vraie, bien sûr, mais c’est la vérité sacrée, celle d’un enfant.

Les mots sont sublimes : « Sa voix fondait comme un bout de sucre dans nos âmes », « Le Rwanda du lait et du miel ».

Enfin, vient l’Afrique cruelle, carnassière et sanglante.

On revient brutalement sur terre. L’assassinat des présidents du Burundi et du Rwanda sonne la fin de la récré. C’est l’étincelle qui met le feu à une situation déjà explosive. C’est le massacre, la violence brute des uns, la naïveté butée des autres qui continuent de croire et d’espérer. C’est la lâcheté et la peur des occidentaux, qui savaient le rouge de la terre et des rivières.

C’est l’histoire de l’enfance qui finit brusquement. C’est beau, fort et simple.

PORTNOY ET SON COMPLEXE de Philip Roth

Philip Roth est mort. Vive Philip Roth !

La première fois que j’ai entendu parler de lui, c’était il y a 4 ans. Je venais de terminer LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT de Joël Dicker. Je cherchais des informations sur l’auteur, quand, par hasard, je tombe sur un article accusant Joël Dicker d’avoir plagié un livre de Philip Roth mais sans en approcher le talent.

Bon sang de bonsoir !

Je décidais de vérifier par moi-même et achetais le livre plagié en question, LA TACHE. Mais, un autre article (oui, me disperser, c’est ma passion 🤪), me prévient que ce livre est plus ardu à lire. Et comme je suis un peu allergique à la difficulté, je ne l’ai jamais ouvert.

Mais voilà qu’en mai dernier, Philip casse sa pipe ! Et, en veux-tu en voilà, des hommages, des émissions spéciales, des reportages, des éloges, des superlatifs (tiens, ça ferait un bon nom de salon de coiffure 😂). Bref, ne voulant pas mourir idiote (ni mourir du tout d’ailleurs), je vais chez mon libraire pour lui demander le livre le plus S.I.M.P.L.E de Philip.

Alors là, si même mon libraire sait que je suis une obsédée….

Et là, tranquillou, quasi sans réfléchir, il me tend PORTNOY ET SON COMPLEXE. « C’est facile à lire, c’est pas épais et je suis sûr que vous allez aimer ». Comme il est toujours de bon conseil, je n’hésite pas. « C’est un de ses premiers livres et c’est celui qui l’a fait connaître ».

Tu m’étonnes !!!

Je commence et ce livre est tout ce que je n’attendais pas. Je ne sais pas pourquoi mais j’imaginais un style ampoulé, un vocabulaire complexe, une histoire sophistiquée.

Je découvre un récit hilarant, tendre, cru, vulgaire, porno, nostalgique. Je n’ai jamais autant ri à la lecture d’un livre (ce qui a passablement énervé népoux car c’était incontrôlable et inexplicable).

Quel bonheur de découvrir que cet écrivain, porté aux nues, présenté comme L’AUTEUR AMÉRICAIN MAJEUR du 20ème siècle, au physique austère, à l’air sérieux, est un véritable obsédé du cul (oui, je sais, je sais, c’est un roman, pas une autobiographie… mon œil ouais).

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De quoi ça peut parler un livre drôle et porno ?

C’est très simple ! Portnoy, 33 ans, est chez son psy. Il lui raconte son enfance (étouffée d’amour par une mère juive et un père constipé) et la poussée d’hormones qui l’a envahi vers ses 10 ans et ne l’a plus jamais quitté.

Comment concilier une éducation religieuse stricte avec une obsession du sexe permanente ?

Il aborde tout, sans concession : ses fantasmes sexuels, sa culpabilité, sa honte, sa tendresse pour ses parents (aussi embarrassants qu’aimants), sa judéité (vécue à la fois comme un fardeau et comme une fierté), la communauté juive américaine des années 50. Il dit tout, il ose tout.

Et c’est jouissif ! Et c’est cynique ! Et c’est plein d’auto-dérision ! Et c’est drôle ! Et c’est tendre aussi !

Pourquoi un tel retentissement ?

Ce livre est sorti en 1969. Le scandale a été mondial, le livre jugé sulfureux et son auteur immédiatement déclaré subversif.

Portnoy a été interdit en Australie car jugé pornographique. Parler de soi ainsi, sans filtre, sans complaisance, avouer ou plutôt «dégueuler» ses envies sexuelles et les confronter à la fameuse culpabilité judéo-chrétienne, forcément ça choque.

Les autorités juives, aussi, ont été choquées, les plus radicaux allant jusqu’à traiter l’auteur de « juif antisémite » avec de violentes attaques , «Les juifs du moyen-âge auraient su quoi faire de lui » 😱😱😱 .

Moi, j’y ai vu tout le contraire. Un second degré assumé, une tendresse et une nostalgie pour ses origines, son milieu, son histoire. Même sa famille, étouffante d’amour et d’injonctions, fait envie. Ça rit, ça gueule, ça pleure, ça s’aime… ça vit.

C’est vrai, ce livre peut choquer, mais c’est avant tout un livre de tolérance… et qui vous fait hurler de rire.

Par les temps qui courent ce n’est pas négligeable.

FEMMES QUI COURENT AVEC LES LOUPS de Clarissa Pinkola Estés

Alice, ma voisine, est extraordinaire. Elle m’a offert une pépite !

Pourtant, c’était pas gagné ! Et pour plusieurs raisons.

  • Le titre Femmes qui courent avec les loups, ne m’évoquait rien. Ou plutôt si, des vieilles indiennes courant dans des prairies sauvages avec des loups. Pas vraiment ma tasse de thé.
  • Le sous-titre, Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage, censé apporter des précisions et donner envie, m’a laissée dubitative et franchement hésitante.
  • L’auteur, Clarissa Pinkola Estès, est psychanalyste et conteuse (au secours !).
  • Le résumé, qui nous enjoint de rechercher la femme sauvage en nous, grâce aux contes, chansons et autres poèmes issus de la tradition orale, m’a achevée.

Ce n’est donc pas un roman qui va me transporter dans un univers lointain, c’est un recueil de vieilles histoires barbantes et, comme si ça ne suffisait pas, on va les analyser ! Bref, j’en étais à un point où je préférais changer de voisine 😜.

Et pourtant c’est une révélation !

C’est la première fois que je vous parle d’un livre que je n’ai pas fini, tellement je suis enthousiaste.

D’abord, parce que j’ai envie d’en parler et de l’offrir à tout le monde ! Ce n’est pas pour rien qu’on dit souvent à propos de ce livre que c’est un cadeau que se font les femmes entre elles. Toutes les femmes (et les hommes aussi, ça ferait le plus grand bien à certains d’entre eux) devraient lire ce livre.

Ensuite, parce qu’il est si riche et dense qu’il m’est impossible de le lire d’une traite. Sa lecture m’interpelle, me bouleverse, provoque une introspection, certains passages résonnant étrangement avec du vécu. Je lis, je reviens en arrière, je prends des notes. Bref, il va m’accompagner longtemps, non pas comme un livre mais plutôt une compagne de vie.

La femme sauvage c’est quoi ?

Non, ce n’est pas une femme mal peignée, à moitié à poil qui hurle dans les bois (même si ça peut être ça et si ça doit être très sympa de se lâcher ainsi).

C’est à la fois complexe et simple. C’est notre nature profonde, instinctive, l’essence de ce que nous sommes vraiment. Ce dont nous avons besoin, nécessaire à notre vie et notre bien-être. Ce qui nous ravit, nous donne de l’énergie, nous connecte au monde, nous fait grandir, nourrit notre âme. Ce qui nous alerte, nous garde en éveil. Ce qui nous rend libre.

L’enjeu, pour chaque femme, est de la trouver, l’entretenir et l’exprimer. Cela passe par une réflexion sur soi, une nécessaire solitude.

C’est d’autant plus difficile que cette femme sauvage a été niée, maltraitée, humiliée au fil des siècles. La faute au patriarcat, cette société d’hommes qui a voulu façonner la femme selon ses désirs, et à la normalisation qui nous oblige à obéïr aux règles, entrer dans des cases, être performante et, au final, oublier qui on est vraiment.

 

Ce livre est indispensable. Je souhaite de tout cœur que mes filles le lisent, et surtout, qu’elles trouvent la femme sauvage qui est en elles.

 

LE TESTAMENT de Georges Brassens

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l’épaule:
« Va-t’en voir là-haut si j’y suis. »
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil…
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?

S’il faut aller au cimetière,
J’prendrai le chemin le plus long,
J’ferai la tombe buissonnière,
J’quitterai la vie à reculons…
Tant pis si les croqu’-morts me grondent,
Tant pis s’ils me croient fou à lier,
Je veux partir pour l’autre monde
Par le chemin des écoliers.
Je veux partir pour l’autre monde

Par le chemin des écoliers.

Avant d’aller conter fleurette
Aux belles âmes des damné’s,
Je rêv’ d’encore une amourette,
Je rêv’ d’encor’ m’enjuponner…
Encore un’ fois dire « Je t’aime »…
Encore un’ fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts.
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts.

Dieu veuill’ que ma veuve s’alarme
En enterrant son compagnon,
Et qu’pour lui fair’ verser des larmes
Il n’y ait pas besoin d’oignon…
Qu’elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit:
Il pourra profiter d’mes bottes,
Et d’mes pantoufle’ et d’mes habits.
Il pourra profiter d’mes bottes,
Et d’mes pantoufle’ et d’mes habits.

Qu’il boiv’ mon vin, qu’il aim’ ma femme,
Qu’il fum’ ma pipe et mon tabac,
Mais que jamais – mort de mon âme! –
Jamais il ne fouette mes chats…
Quoique je n’ai pas un atome,
Une ombre de méchanceté,
S’il fouett’ mes chats, y’a un fantôme
Qui viendra le persécuter.
S’il fouett’ mes chats, y’a un fantôme
Qui viendra le persécuter.

Ici-gît une feuille morte,
Ici finit mon testament…
On a marqué dessus ma porte:
« Fermé pour caus’ d’enterrement. »
J’ai quitté la vi’ sans rancune,
J’aurai plus jamais mal aux dents :
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.

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