L’ÉCHARPE de Maurice Fanon

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux
C’est qu’encore une fois 
J’ai voulu comme un fou
Me souvenir de toi
De tes doigts sur mon cou
Me souvenir de nous
Quand on se disait vous

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Sourions autrefois
Quand on se disait vous
En regardant le soir
Tomber sur nos genoux
C’est qu’encore une fois
J’ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s’aime à genoux

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous
Ce n’est pas pour que tu voies
Comme je m’ennuie sans toi
C’est qu’il y a toujours
L’empreinte sur mon cou
L’empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent
L’empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous
Ce n’est pas pour que tu voies
Comme je m’ennuie sans toi
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux

TRUE TRIPS de MICHAEL BAUMGARTEN

Michael voit des choses que nous ne voyons pas. Heureusement, lors de ses voyages, il les a photographiées.

Il nous livre TRUE TRIPS, une odyssée composée de photos et vidéos aussi énigmatiques que puissantes.

Oubliez la soirée diapos au retour de vacances. Il ne s’agit pas, ici, de fixer des souvenirs mais de rentrer dans un monde. Son monde.

Incongru, fantasque, mystérieux, drôle ou inquiétant.

Et ça picote !

IL FAUT Y CROIRE POUR LE VOIR.

Mais surtout, ça questionne. Sur la réalité. Celle qu’on perçoit. Et sur la vérité que nous lui accordons.

À l’heure de l’intelligence artificielle et de son flot de fake news, Michael ébranle nos certitudes et nous confronte à nos propres convictions. C’est quoi la vérité ? Si ce n’est ce que nous voyons au travers de nos filtres et biais personnels.

Alors ? Réalités ou illusions ? À vous de voir !

C’EST TOUT ? BEN NON, ÇA COMMENCE. VIVEZ UNE EXPERIENCE TOTALE !

Vous pensez que True Trips se feuillette tranquillement avec une tasse de thé ? Que nenni !

Passé les premières réactions (surprise, incrédulité, méfiance, adhésion), l’auteur vous invite à une véritable immersion dans son univers. A chaque photo correspond une vidéo. Embarquez pour l’Australie, découvrez Paris by night comme vous ne l’avez jamais vu, foulez le sol rouge de la Cordillère des Andes…

À VOUS DE JOUER !

Chaque photo se transforme en carte postale. Envoyez-les à votre tour. À vos proches, vos amis, aux gens que vous aimez.

Vous kiffez une, plusieurs vidéos ? Vous vous les repassez en boucle ? Be a real collector 🤘 et faites-les voyager, partagez-les.

Et pourquoi ne pas en faire part à Michael ?Cela lui inspirera peut-être un True Trips 2 toujours plus dingue.

QUI EST MICHAEL BAUMGARTEN ?

Natif d’Allemagne, Michael commence par y créer un festival de photos puis rejoint Paris en 1993. Autodidacte et curieux, son talent et son regard exigeant lui ouvre très vite des portes.D’abord séduit par l’aspect éphémère des magazines, il collabore avec VOGUE, World of Interiors, New-York Times et bien d’autres. Parallèlement, il élargit son travail au luxe (Hermès, Armani…).

Depuis 15 ans, avide de nouvelles expériences et de partage, il s’investit dans l’animation et la création numérique d’images qu’il déploie dans les galeries, le métaverse ou encore l’espace public.

Le regard n’est rien sans l’intelligence. Son travail personnel est un miroir à ses questionnements quasi philosophiques. Et en se questionnant, il nous élève.

INTRIGUÉS ? INTÉRESSÉS ? READY ?

Contact : MICHAEL BAUMGARTEN

Cellular : 06 85 10 91 37

Mail : michael@michaelbaumgarten

Site : michaelbaumgarten.com

SUM’UP VERY SUM’UP

Quoi : un recueil de 35 photos et vidéos associées. Chaque photo a son QR Code qui renvoie vers une vidéo. Chaque photo peut se transformer en carte postale.

Concept : réalité ou illusion ? Il faut y croire pour le voir !

Pourquoi ? : pour vous ébranler. Après tout, l’art, ça sert à ça, non ?

Qui ? : MICHAEL BAUMGARTEN. Visual artist.

Et maintenant, à vous de voir !

CHATTERTON de George Sand (ou Alfred de Musset, mais il me plaît de mettre en avant George Sand)

La pièce de théâtre Chatterton d’Alfred de Vigny, s’étant faite descendre en bonne et due forme par les critiques, George Sand prit sa plume pour la défendre.

En réalité, ce poème serait d’Alfred de Musset qui l’aurait dicté à George Sand.

Tant pis pour Musset, cette semaine, j’ai envie de mettre George à l’honneur !

Quand vous aurez prouvé, messieurs du journalisme,
Que Chatterton eut tort de mourir ignoré,
Qu’au Théâtre-Français on l’a défiguré,
Quand vous aurez crié sept fois à l’athéisme,

Sept fois au contresens et sept fois au sophisme,
Vous n’aurez pas prouvé que je n’ai pas pleuré.
Et si mes pleurs ont tort devant le pédantisme,
Savez-vous, moucherons, ce que je vous dirai ?

Je vous dirai :  « Sachez que les larmes humaines
Ressemblent en grandeur aux flots de l’Océan ;
On n’en fait rien de bon en les analysant ;

Quand vous en puiseriez deux tonnes toutes pleines,
En les faisant sécher, vous n’en aurez demain
Qu’un méchant grain de sel dans le creux de la main ».

SHIFTED REALITIES de MICHAEL BAUMGARTEN

Ceci n’est pas un livre de photographies d’art. C’est un monde, inconnu, proche du nôtre et pourtant si différent.

Au travers des 29 séries de photos qui composent SHIFTED REALITIES, Michael Baumgarten transforme l’ordinaire en extraordinaire.

MICHAEL EST UN ALCHIMISTE

Il métamorphose le quotidien pour en révéler le merveilleux, le fantasque ou le baroque.

Tout est normal et rien n’est normal.

On va de surprises en stupéfaction, telle Alice aux Pays des Merveilles.

La plus insignifiante réalité bascule dans une autre dimension, devient théâtrale et nous en sommes les spectateurs hypnotisés.

MICHAEL EST UN REVELATEUR DE VIE

Lorsque les humains ont déserté, les lieux et les objets s’échappent de leur destination d’usage pour prendre vie.

Ils s’affirment et prennent leur liberté.

Ici, un papier peint s’anime et impulse son énergie vitale à toute une pièce endormie. Là, des pop’up perturbent le calme d’une bibliothèque. Et là encore, regardez ! Un vélo trépigne dans un champ, se rêvant avion.

Les plantes et les animaux sont les seuls êtres vivants à voir et à participer à cet enchantement.

C’est vertigineux. On retient son souffle, conscient de la rareté du spectacle. On évite les gestes brusques, on fait silence de peur de révéler notre présence et rompre la magie.

VOS YEUX NE SUFFIRONT PAS

Vous aurez besoin de tous vos sens, car, chaque photographie les mettra en alerte.

Vous sentez la chaleur sèche et lourde du Mali, vous entendez le frémissement du vent dans les dentelles d’un jardin, vous caressez les reliefs des azuléjos au Portugal, vous croquez dans un grain de raisin plein et mûr.

Quand le monde vous paraîtra terne et gris, ouvrez ce livre et laissez-vous happer par la beauté poétique de SHIFTED REALITIES.

SHIFTED REALITIES

29 séries, 147 photos issues du travail de Michael, tant pour les galeries que pour différents magazines.

QUI EST MICHAEL BAUMGARTEN ?

Natif d’Allemagne, Michael commence par y créer un festival de photos puis rejoint Paris en 1993. Autodidacte et curieux, son talent et son regard exigeant lui ouvrent très vite des portes. D’abord séduit par l’aspect éphémère des magazines, il collabore avec VOGUE, World of Interiors, New-York Times et bien d’autres. Parallèlement, il élargit son travail au luxe (Hermès, Giorgio Armani…).

Depuis 15 ans, avide de nouvelles expériences et de partage, il s’investit dans l’animation et la création numérique d’images qu’il déploie dans les galeries, le métaverse ou encore l’espace public. Le regard n’est rien sans l’intelligence. Son travail personnel est un miroir à ses questionnements quasi philosophiques. Et en se questionnant, il nous élève.

INTRIGUÉS ? INTÉRESSÉS ? READY ?

CONTACT : MICHAEL BAUMGARTEN

Cellular : 06 85 10 91 37 – Mail : michael@michaelbaumgarten

Site : michaelbaumgarten.com

SUM’UP, VERY SUM’UP

Quoi ? Un recueil de 147 photos réparties en 29 séries

Concept : L’ordinaire transformé en extraordinaire

Pourquoi ? Pour vous ébranler (après tout, c’est bien à ça que ça sert, l’art. Non ?)

Qui ? Michael Baumgarten – Visual artist

Et maintenant, à vous de voir !

JE VOUDRAIS PAS CREVER de Boris Vian

Je voudrais pas crever

Avant d’avoir connu

Les chiens noirs du Mexique

Qui dorment sans rêver

Les singes à cul nu

Dévoreurs de tropiques

Les araignées d’argent

Au nid truffé de bulles

Je voudrais pas crever

Sans savoir si la lune

Sous son faux air de thune

A un coté pointu

Si le soleil est froid

Si les quatre saisons

Ne sont vraiment que quatre

Sans avoir essayé

De porter une robe

Sur les grands boulevards

Sans avoir regardé

Dans un regard d’égout

Sans avoir mis mon zobe

Dans des coinstots bizarres

Je voudrais pas finir

Sans connaître la lèpre

Ou les sept maladies

Qu’on attrape là-bas

Le bon ni le mauvais

Ne me feraient de peine

Si si si je savais

Que j’en aurai l’étrenne

Et il y a z aussi

Tout ce que je connais

Tout ce que j’apprécie

Que je sais qui me plaît

Le fond vert de la mer

Où valsent les brins d’algues

Sur le sable ondulé

L’herbe grillée de juin

La terre qui craquelle

L’odeur des conifères

Et les baisers de celle

Que ceci que cela

La belle que voilà

Mon Ourson, l’Ursula

Je voudrais pas crever

Avant d’avoir usé

Sa bouche avec ma bouche

Son corps avec mes mains

Le reste avec mes yeux

J’en dis pas plus faut bien

Rester révérencieux

Je voudrais pas mourir

Sans qu’on ait inventé

Les roses éternelles

La journée de deux heures

La mer à la montagne

La montagne à la mer

La fin de la douleur

Les journaux en couleur

Tous les enfants contents

Et tant de trucs encore

Qui dorment dans les crânes

Des géniaux ingénieurs

Des jardiniers joviaux

Des soucieux socialistes

Des urbains urbanistes

Et des pensifs penseurs

Tant de choses à voir

A voir et à z-entendre

Tant de temps à attendre

A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin

Qui grouille et qui s’amène

Avec sa gueule moche

Et qui m’ouvre ses bras

De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever

Non monsieur non madame

Avant d’avoir tâté

Le goût qui me tourmente

Le goût qu’est le plus fort

Je voudrais pas crever

Avant d’avoir goûté

La saveur de la mort…

IL FAUT SAVOIR de Charles Aznavour

Il faut savoir encore sourire
Quand le meilleur s’est retiré
Et qu’il ne reste que le pire
Dans une vie bête à pleurer

Il faut savoir, coûte que coûte
Garder toute sa dignité
Et malgré ce qu’il nous en coûte
S’en aller sans se retourner

Face au destin qui nous désarme
Et devant le bonheur perdu
Il faut savoir cacher ses larmes
Mais moi, mon cœur, je n’ai pas su

Il faut savoir quitter la table
Lorsque l’amour est desservi
Sans s’accrocher l’air pitoyable
Mais partir sans faire de bruit

Il faut savoir cacher sa peine
Sous le masque de tous les jours
Et retenir les cris de haine
Qui sont les derniers mots d’amour

Il faut savoir rester de glace
Et taire un cœur qui meurt déjà
Il faut savoir garder la face
Mais moi, je t’aime trop

Mais moi, je ne peux pas
Il faut savoir mais moi
Je ne sais pas

LE MIEL INALTÉRABLE de Marguerite Yourcenar

Le miel inaltérable au fond de chaque chose

Est fait de nos douleurs, nos désirs, nos remords ; 

L’alambic éternel où le temps recompose

Les larmes des vivants et la pitié des morts.

D’identiques effets regerment de leur cause ; 

La même note vibre à travers mille accords ; 

On ne sépare pas le parfum de la rose ;

Je ne sépare pas votre âme de son corps.

L’univers nous reprend le peu qui fut nous-mêmes. 

Vous ne saurez jamais que mes larmes vous aiment ; 

J’oublierai chaque jour combien je vous aimais.

Mais la mort nous attend pour nous bercer en elle ; 

Comme une enfant blottie entre vos bras fermés, 

J’entends battre le cœur de la vie éternelle.

NOËL de Paul Verlaine

Poème issu du recueil « Liturgies intimes »

Petit Jésus qu’il nous faut être,
Si nous voulons voir Dieu le Père,
Accordez-nous d’alors renaître

En purs bébés, nus, sans repaire
Qu’une étable, et sans compagnie
Qu’une âne et qu’un bœuf, humble paire ;

D’avoir l’ignorance infinie
Et l’immense toute-faiblesse
Par quoi l’humble enfance est bénie ;

De n’agir sans qu’un rien ne blesse
Notre chair pourtant innocente
Encor même d’une caresse,

Sans que notre œil chétif ne sente
Douloureusement l’éclat même
De l’aube à peine pâlissante,

Du soir venant, lueur suprême,
Sans éprouver aucune envie
Que d’un long sommeil tiède et blême…

En purs bébés que l’âpre vie
Destine, — pour quel but sévère
Ou bienheureux ? — foule asservie

Ou troupe libre, à quel calvaire ?

UNE CHAROGNE de Charles Baudelaire

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

LE MOT de Victor Hugo

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;
Tout, la haine et le deuil !
Et ne m’objectez pas
Que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas…
Ecoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l’oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce mot, que vous croyez que l’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l’homme en face dit :
« Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »
Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

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