TOUTE LA LUMIÈRE QUE NOUS NE POUVONS VOIR de Anthony Doerr

Autant attaquer direct : j’ai adoré ce livre… mais…

Ce livre est, ce que les anglais appellent, un page-turner.

Il est totalement addictif. Dès le début, vous êtes pris au piège. Si vous n’avez pas envie de dévorer 704 pages, ne commencez pas !

Pourquoi l’avoir choisi ? Vous allez voir… Je suis d’un prévisible 😫😫😫 !

Déjà, il a reçu le Prix Pulitzer, la récompense suprême et j’adoooore les récompenses (un vrai chien de chasse 🐶).

Ensuite, le titre. Je le trouve magnifique. La promesse d’un récit hors norme et exigeant, avec son lot de souffrances et d’espérances. La perspective d’un mystère plus grand que nous. Au fil du livre, vous saisissez ses multiples sens. Rarement bouquin aura eu un titre aussi juste.

Enfin, le genre. Il s’agit d’un roman historique (l’histoire, ma passion 🤩). Durant la seconde guerre mondiale, l’auteur nous entraîne en Allemagne, des régions minières dévastées à Berlin, et, en France, du Paris occupé à Saint Malo martyrisé.

Bref, au vu de mes penchants et de mes critères de sélection, je jouais la SÉ-CU-RI-TÉ !

Effectivement, je l’ai englouti. Je ne voulais rien faire d’autre. J’ai annulé un déjeuner, veillé jusqu’à deux heures du matin, fait semblant d’écouter Népoux et mes filles (ça aurait pu marcher si Népoux ne me connaissait aussi bien 😤). Je souhaitais que ce livre ne s’arrête jamais tout en étant impatiente d’arriver à la fin.

Tout est fait pour vous tenir en haleine. Une succession de chapitres courts (187) qui raconte deux destins parallèles. Werner, le jeune orphelin allemand, passionné de transmissions et de sciences en général, vite repéré par la Wehrmacht pour son génie. Marie-Paule, jeune française aveugle, dont la curiosité pour la nature est, à la fois, un échappatoire à son handicap et à la guerre qui gronde et emporte tout autour d’elle.

Vous vous projetez totalement dans cette fresque, vous êtes Werner, vous êtes Marie-Laure. Vous croisez toute une galerie de personnages attachants, émouvants, courageux, lâches, abjects ou cruels. Ceux qui se repaissent de violence, de cruauté et ceux qui la subissent. Les bourreaux, les victimes, quelques héros et beaucoup de salauds.

Werner et Marie-Laure sont les lueurs d’espoir dans l’obscurité qui engloutit le monde. Ils représentent la même chose : l’innocence, la bonté, l’humanité, la rareté…

Pendant tout le livre, m’est revenu en mémoire, une phrase de mon professeur de maths de seconde « Toutes droites parallèles finissent inévitablement par se rejoindre à plus l’infini ».

Alors, bordel, quand est-ce que deux destins parallèles finissent par entrer en collision ?

Et pourtant, il y a un « mais »…

OK, cette saga vous embarque, vous êtes immergé dans l’histoire, cueilli par l’émotion. Mais, bon sang, ce n’est pas un Pulitzer, loin s’en faut !

« Véritable phénomène d’édition aux Etats-Unis, salué par l’ensemble de la presse comme le meilleur roman de l’année, le livre d’Anthony Doerr possède la puissance et le souffle des chefs-d’œuvre » !

Du souffle, il en a, mais de là à le qualifier de meilleur roman de l’année et de chef-d’œuvre !!! Si c’est vraiment le cas, on peut dire que l’année 2015 aura été une année noire pour la littérature américaine ! Les critiques ont écrit leur article après un séminaire dans le Beaujolais, pas possible autrement !

C’est rythmé, avec une qualité narrative indéniable. On sent l’amour de l’auteur pour Saint-Malo, le travail de documentation est incroyable. Qu’un américain puisse écrire aussi bien, sur l’Europe en général et la France en particulier, force le respect.

Mais c’est aussi naïf, candide, un peu facile. Une belle histoire, un peu triste, qui répond exactement aux attentes du lecteur. C’est bien ça le problème ! Je n’attends pas d’un livre qu’il réponde uniquement à mes attentes ! Je veux qu’il m’emmène là où je suis incapable d’aller seule, qu’il me fasse grandir. Passer un moment, aussi agréable soit-il, n’est pas une promesse suffisante pour un Pulitzer.

Si je dois le comparer à mes lectures antérieures, je pense aux Piliers de la Terre de Ken Follett ou encore La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker. Des livres diablement efficaces, de très jolis moments mais pas des chefs-d’œuvre !


LA PENDULE De Raymond Queneau

Sous ce physique de banquier austère se cache l’un des poètes français les plus fous et les plus talentueux !

Je mbaladais sulles boulevards 
Lorsque jrencontre lami 
Bidard 
Il avait lair si estomaqué 
Que jlui ai dmandé dsesspliquer

Eh bien voilà me dit-il 
Jviens davaler ma pendule 
Alors jvais chez lchirurgien 
Car jai une peupeur de chien 
Que ça mtombe dans les vestibules

Un mois après jrevois mon copain 
Il avait lair tout skia dplus rupin 
Alors je suis été ltrouver 
Et jlavons sommé dsesspliquer

Eh bien voilà me dit-il

Jgagne ma vie avec ma pendule J’ai su lestomac un petit cadran Je vends lheure à tous les passants En attendant qujai Icadran sulles vestibules

A la fin ltype issuissuida Lossquil eut vu qupersonne lopéra Et comme jarrivais juste sul chantier Moi je lui ai demandé qui vienne sesspliquer

Eh bien voilà me dit-il

Jen avais assez davoir une pendule Ça mempèchait ddormir la nuit Pour la remonter fallait mfaire un trou dans ldos
Jpréfère être pendu qupendule

Lorsquil fut mort jvais à son enterrement Cétnit 
Imatin ça mennuyait bien Mais lorsqui fut dans 
Itrou ah skon rigola Quand au fond dla bière le septième coup dmidi tinta

Eh bien voilà voilà voilà Il avait avalé une pendule Ça narrive pas à tous les chrétiens Même à ceux quont un estomm de chien Et du cœur dans les vestibules


IL Y A de Jean-Jacques Goldman

Il y a
Du thym, de la bruyère
Et des bois de pin
Rien de bien malin

Il y a 
Des ruisseaux, des clairières
Pas de quoi en faire
Un plat de ce coin

Il y a des odeurs de menthe
Et des cheminées
Et des feux dedans

Il y a
Des jours et des nuits lentes
Et l’histoire absente
Banalement

Et loin de tout, loin de moi
C’est là que tu te sens chez toi
De là que tu pars, où tu reviens chaque fois
Et où tout finira

Il y a
Des enfants, des grands-mères
Une petite église
Et un grand café

Il y a
Au fond du cimetière
Des joies, des misères
Et du temps passé

Il y a
Une petite école
Et des bancs de bois
Tout comme autrefois

Il y a
Des images qui collent
Au bout de tes doigts
Et ton cœur qui bat

Et loin de tout, loin de moi
C’est là que tu te sens chez toi
De là que tu pars, où tu reviens chaque fois
Et où tout finira

Et plus la terre est aride, et plus cet amour est grand
Comme un mineur à sa mine, un marin à son océan
Plus la nature est ingrate, avide de sueur et de boue
Parce que l’on a tant besoin que l’on ait besoin de nous
Elle porte les stigmates de leur peine et de leur sang
Comme une mère préfère un peu son plus fragile enfant

Et loin de tout, loin de moi
C’est là que tu te sens chez toi
De là que tu pars, où tu reviens chaque fois
Et où tout finira

ECSTASY AND ME de Hedy Lamarr

Je crois que tout le monde a compris que 2019 sera l’année de la teuf mais surtout celle des meufs !

C’est de l’une d’elles dont je vais vous parler. Vous la connaissez tous… sans la connaître 😏. C’est grâce à elle que l’on se sert tous les jours du WiFi ! Et oui, pas grâce à un obscur ingénieur à lunettes (je sais, bonjour le cliché 😱) mais grâce à la plus belle femme du monde !

J’ai découvert Hedy Lamarr grâce aux deux albums LES CULOTTÉES de Pénélope Bagieu. Je ne vais pas vous refaire l’article sur ces deux livres, ni vous dire à quel point je les ai adorés (le lien vers ma critique est ICI). L’un des portraits mettait en avant cette femme au destin exceptionnel. Ce portrait évoquait son métier d’actrice mais valorisait surtout ses talents d’inventrice.

Forcément, quand j’ai appris, il y a quelques mois, que ses mémoires, sorties en 66, étaient rééditées, je me suis ruée dessus (enfin, plutôt Népoux, puisqu’il me l’a offert) ! L’argument principal de vente était aguicheur juste comme il faut : « L’une des dix biographies les plus érotiques de tous les temps » selon le magazine PLAYBOY (j’avais oublié que la critique datait elle aussi de 66 😩) ! Zou ! C’est parti pour l’érotisme !

Ma première réaction a été la surprise. Aucun mot sur ses inventions. Rien ! Nada ! Walou ! Comme si ça n’avait jamais existé, comme si tout n’était qu’affabulation. Je cherche, je feuillète, j’ai dû zapper des passages, des pages sont collées, Pénélope a fumé avant d’écrire son portrait, si ça se trouve Hedy n’a jamais rien inventé… WHAT’S THE FUCK ??!!! Eh bien non ! Ses trouvailles datant de 1942 et n’ayant pas eu de suites au moment où elle écrit ses mémoires , elle a tout bonnement occulté cette partie de sa vie 😱 !

Ma deuxième réaction (oui, je réagis beaucoup 🤪), c’est la déception. N’exagérons pas, ce livre n’a rien d’érotique. C’est une plongée dans le Hollywood des années 40, où, derrière une façade bon teint de puritanisme, le sexe était omniprésent, mais ça, tout le monde le sait.

En revanche, quelle vie ! Une existence flamboyante comme on n’en fait plus !

Une vie augmentée 🤩

Elle naît en Autriche en 1914. Sa beauté, déjà hors normes, lui ouvre les portes du cinéma. Sa première apparition, entièrement nue et mimant un orgasme dans le film EXTASE (d’où le titre de ses mémoires, rien à voir avec la drogue 😉), en 1933, crée un scandale mondial. Présentée à la deuxième Mostra de Venise, l’œuvre choquera Mussolini qui, par la suite et avec l’aide du Pape (toujours là pour vous dire ce qu’il faut faire de votre cul alors qu’il est censé ne rien y connaître 😤😤😤), interviendra sur la ligne et les choix artistiques du Festival.

Mariée (ou plutôt emprisonnée) à l’un des plus grands industriels allemands, sa fuite vers les États-Unis est rocambolesque.

Six maris et autant de divorces plus tard, elle dira que ses périodes les plus heureuses étaient celles entre deux mariages. Proclamée « Plus belle femme du monde », elle séduit les deux sexes. Sa notoriété ayant débuté sur un scandale, elle n’a aucun mal à assumer sa bisexualité. Elle a un culot monstre, ce qui fera d’elle une négociatrice redoutable face aux grands pontes des studios hollywoodiens. À une époque où les actrices étaient façonnées, manipulées, abusées, exploitées, elle se battra pour son indépendance professionnelle, rompant ses contrats et se lançant dans la production, domaine réservé aux hommes.

Ses mémoires montrent une femme au fort caractère, à la répartie cinglante et à la modestie plutôt rare, bref, tout ce qu’on attend d’une star.

Soyons francs, ce livre ne brille pas (mais alors pas du tout !) par ses qualités littéraires, il est même franchement brouillon par endroit, mais il a le mérite d’être divertissant et de se lire facilement. Et puis, quelle femme !!!

Hedy Lamarr, ayez une pensée pour elle la prochaine fois que vous cherchez le WiFi 😉 !

DIRTY DIANA de Michael Jackson

You never make me stay
So take your weight off of me
I know your every move
So won’t you just let me be
I’ve been here times before
But I was too blind to see
That you seduce every man
This time you won’t seduce me
She’s saying that’s okay
Hey baby do what you please
I have the stuff the you want
I am the thing that you need
She looked me deep in the eyes
She’s touchin’ me so to start
She says there’s no turnin’ back
She trapped me in her heart
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Di-ana, nah
Dirty Diana
Let me be!
Oh no
Oh no
Oh no
She likes the boys in the band
She knows when they come to town
Every musician’s fan after the curtain comes down
She waits at backstage doors
For those who have prestige
Who promise fortune and fame
A life that’s so carefree
She’s says that’s okay
Hey baby do what you want
I’ll be your night lovin’ thing
I’ll be the freak you can taunt
And I don’t care what you say
I want to go too far
I’ll be your everything
If you make me a star
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Di-ana, nah
Dirty Diana
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Diana
Diana!
Diana!
Dirty Diana!
It’s Diana! Yeah, yeah
She said I have to go home
‘Cause I’m real tired you see
But I hate sleppin’ alone
Why don’t you come with me
I said my baby’s at home
She’s probably worried tonight
I didn’t call on the phone to
Say that I’m alright
Diana walked up to me,
She said I’m all yours tonight
At that I ran to the phone
Sayin’ baby I’m alright
I said but unlock the door.
Because I forgot the key.
She said he’s not coming back
Because he’s sleeping with me
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Di-ana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Diana, nah
Dirty Di-ana, nah
Dirty Diana
Come on!
Come on!
Come on!
Come on!

UN BON PETIT DIABLE de la Comtesse de Ségur

Qu’est-ce que j’en ai mangé, des livres de la Comtesse de Ségur…

… mais celui qui m’a le plus marquée est, sans conteste, Un Bon Petit Diable.

D’abord, le livre en lui-même. C’était un ouvrage de la bibliothèque rose, usé d’avoir été lu et relu. Je m’imaginais ma mère et ses sœurs, enfants, se caler dans un coin tranquille pour le parcourir. L’idée de lire la même histoire, les mêmes phrases, les mêmes mots, de tourner les mêmes pages que ces femmes, qui avaient été des petites filles, me procurait un plaisir intense. Comme si je mettais mes pas dans les leurs, comme si ça pouvait me faire grandir subitement, comme si j’étais une petite souris ayant le pouvoir de regarder une scène définitivement disparue. Puis la couverture. Une gravure qui montrait une vieille marâtre à l’air cruel admonestant un jeune garçon aux cheveux roux comme le feu et en kilt (le genre d’image qui peut vous foutre une enfance en l’air ! 🥶). Enfin, le titre : un diable pouvait être bon !

Hormis le pitch – un jeune orphelin est recueilli par une vieille cousine lointaine (une vraie salope, oui 🤡) qui lui fait toutes les misères les plus cruelles possible – j’ai tout oublié. Sauf une seule scène qui est resté gravée dans ma mémoire, tellement l’illustration me terrifiait (je précise que j’avais sept ans et, oui, je suis ultra sensible et émotive ! C’est une fille qui pleure devant La Soupe aux Choux qui vous le dit 😩 ) : l’orphelin décide de se venger des multiples brimades subies. Sachant qu’il va recevoir une correction, il se colle un masque de diable sur les fesses. La vieille lui ordonne de se déculotter (pédophile, en plus) pour le fouetter et hurle de terreur à la vision de Satan sur son cul (petite nature 😏).

Chipie un jour, chipie toujours

J’ai toujours eu une tendresse particulière pour la Comtesse de Ségur, car elle représente mes premières fois.

Ma première méchante. Dans mes histoires pour enfants, il y avait toujours des méchants, mais ils étaient tellement caricaturés qu’ils en devenaient rassurants : ces méchants ne pouvaient pas exister dans la vraie vie. Ce livre changeait la donne pour la première fois. Le personnage de Madame Mac’Miche était tout à fait réaliste, loin du loup du Petit Chaperon Rouge ou du vilain sorcier dans Rahan (j’adooooorais Rahan 😍). C’était juste une vieille femme aigrie, avare, méchante et violente. Et ce « juste » faisait toute la différence et rendait son existence possible dans la réalité.

Ma première confrontation à la violence. Son écriture est très concrète et détaillée. Elle n’édulcore pas les scènes difficiles, de châtiments corporels, de brimades. On n’est pas juste face à une fessée un peu forte ou à une bataille contre un dragon. Elle parle de douleur, de cris, de marques, de souffrances infligées à un enfant.

Ma première révélation. Même si son discours est empreint de morale et de charité chrétienne 😇, ses héros sont de vrais chenapans 😈 ! Les enfants sages comme une image n’y font que de la figuration. Elle sanctuarise l’enfance, son droit à l’insouciance, à la légèreté… et aux conneries ! J’avais enfin l’autorisation : c’était écrit noir sur blanc et par une Comtesse, en plus !!!

Mon plus grand échec (Pas mon premier… et pas mon dernier 😫). J’ai essayé de convaincre mes filles de lire ses livres. Tout y est passé : supplications, chantages, cris, châtiments corporels (mais oui, je déconne 🤪). Rien n’y a fait !

Mais je ne lâche JAMAIS l’affaire 😏 et même si elles sont censées avoir passé l’âge, je reviens régulièrement à la charge !


ÇA RACONTE SARAH de Pauline Delabroy-Allard

2019 commence merveilleusement bien…. Première lecture, premier (E-NOR-ME) coup de ❤️ !

On trouve de tout sur LinkedIn !

Et pourtant, j’ai mis du temps à y aller ! Un réseau social de plus ? Pas possible ! Fusse-t-il professionnel (surtout s’il est professionnel 😂).

Pourquoi ?

  • Je passe déjà trop de temps sur Twitter,
  • LinkedIn, ça doit être sérieux à mourir, l’endroit où tout le monde parle de data, de performance et d’efficacité. Pas du tout ma ligne éditoriale 😫.
  • Et surtout, il faut se montrer sous son meilleur jour, se valoriser, nourrir son compte avec du contenu intelligent et pertinent 😱.

Bref, ce n’est pas pour moi !

Sauf qu’entendre presque chaque semaine pendant trois ans : « Quoi ???!!! T’es pas sur LinkedIn ??!! Mais faut absolument y être, c’est IN-DIS-PEN-SA-BLE ! », c’est fatiguant. Donc, un jour, j’ai craqué et j’ai créé mon compte. Je vous passe les différentes étapes (ben non, je ne vous les passe pas 😜) :

  • Ça commence par le petit texte censé vous présenter. Il doit être concis et attractif, sérieux mais en même temps décontracté (genre la fille qui maîtrise tellement qu’elle peut se permettre une bonne tranche de rigolade 🥳🥳🥳) et si, en plus, il est original alors là c’est le Graal.
  • Ensuite vient la photo de profil, étape angoissante s’il en est. Une fois éliminées les photos de soirées (trop d’alcool), celles où je fais la grimace (trop incompréhensible) et celles où je suis en vieux tee-shirt pourri et en chaussons licorne (trop fashion), il ne reste plus grand-chose.
  • Enfin, le grand moment de solitude : j’ai nommé, les compétences. C’est parti pour la brosse à reluire !

Bref, j’avais l’impression de me préparer pour un speed dating… mais c’est le jeu, alors jouons !

Finalement, je me suis familiarisée avec la bestiole, j’ai essayé d’être la plus authentique possible… et j’aime bien ! Chaque jour m’apporte son lot de découvertes.

Ma plus belle découverte sur LinkedIn, c’est ce livre !

Je tombe sur un partage d’article de Télérama. Ça parle d’un premier roman. Ce qui m’intrigue, c’est la photo de l’auteure. Une jeune femme, mignonne tout plein, la trentaine, un sourire franc, pas de pose apprêtée, un dress code totalement décontracté, un air ingénu et inoffensif de petite fille. Bref, la girl next door façon Jennifer Aniston, la copine de fac hyper sympa que vous retrouvez dix ans après. Le genre de fille qui vient de sortir un livre pour enfants ou des recettes de cupcakes.

Bon sang ! Qu’elle cache bien son jeu, Pauline !

On est très loin des enfants et des cupcakes 😱😱😱 ! On ne connaitra pas le prénom de la narratrice. Elle mène une vie tranquille, normale, douceâtre, entre son enfant qu’elle élève seule et son métier de professeure. Une vie balisée, ni heureuse, ni malheureuse, juste sans intensité. À un dîner d’amis, elle rencontre Sarah, femme fantasque, imprévisible, indomptable et seule. C’est l’amour fou, un embrasement qui consume une existence atone… jusqu’à épuisement.

Ça m’apprendra à me fier aux apparences !

Ce livre vous brûle les doigts de la première à la dernière page ! L’auteure vous attrape les tripes et ne les lâche plus, vous forçant à la suivre, vous obligeant à vivre cette passion, à jouir, à souffrir. C’est vous qui êtes face à Sarah, contre elle, en elle ! C’est vous qui allez en prendre plein la gueule ! C’est intense, fiévreux, charnel, douloureux. Vous tombez, vous vous relevez. Ça va de plus en plus vite, ça devient incontrôlable. Vous savez que vous allez dans le mur avec l’héroïne mais c’est trop tard, impossible d’arrêter ce putain de livre. Parce qu’elle est belle cette histoire, parce qu’on a envie d’y croire, parce que ne plus raisonner, perdre pied, se brûler, c’est presque un fantasme dans nos existences si bien réglées. Parce que c’est rugueux. Parce que c’est doux. Les scènes d’amour sont magnifiques, d’une beauté éprouvante, crues mais sans vulgarité. Ça dit le désir, la sensualité, les tremblements, les souffles courts, les draps froissés, le sexe et la sueur. Ça raconte Sarah.

Pauline Delabroy-Allard avance masquée ! C’est une écrivaine redoutable, dangereuse et diablement talentueuse. Vivement son deuxième roman !


CORPS ET ARMES de Etienne Daho

C’est au-delà de la Pop, c’est bien plus que de la musique… c’est Etienne 😍

Mes apparences ne te trompent pas
Tu perces sous le sourire conquérant
L’ego défaillant
Tu fais voler le vernis en éclats
Et tu démontes le mécanisme complexe
De mes défenses et de mes réflexes

Car tu me vois vraiment
Car tu me vois, tu me ressens
Tel que je suis vraiment
Car tu me vois et tu m’entends

Tu rouvres la cage où, surprotégé,
Je m’étais à double tour enfermé
De peur de t’aimer et de m’engager
Plus d’artifices, ni de lignes floues
Mes plus gros défauts, mes pires faiblesses
Sont pour toi mes principaux atouts

Et je me vois vraiment
Dans le miroir que tu me tends
Tel que je suis vraiment
Alors je cède et je me rends

Pour toi, je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Au moment où je m’y attendais le moins
Un ange m’est apparu dans un coin
Je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Tu mets en lumière toutes mes zones d’ombre
à l’intérieur de moi, il faisait froid et sombre

Et je me vois vraiment
Dans le miroir que tu me tends
Tel que je suis vraiment
Alors je cède et je me rends

Pour toi, je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Tu mets en lumière toutes mes zones d’ombre
à l’intérieur de moi, il faisait froid et sombre

Je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Je n’oppose aucune sorte de résistance
Tu me fais renaître, je savoure ma chance

Car tu me vois vraiment
Car tu me vois, tu me ressens
Tel que je suis vraiment
Car tu me vois et tu m’entends…

KHOMEINY, SADE ET MOI de Abnousse Shalmani / JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU de Sade

Aujourd’hui je vous parle de deux livres !

KHOMEINY, SADE ET MOI

Coup de foudre confirmé. Je répète : coup de foudre confirmé ! Abnousse me fait tourner la tête !

Ce livre démarre par une énorme surprise : un court texte qui emporte ma totale adhésion. Quel n’est pas mon étonnement de découvrir qu’il s’agit d’un extrait tiré de La Philosophie dans le boudoir de Sade.

Je suis un peu sonnée car, Sade, je connais de nom et de loin. Pour moi, c’est un taré sexuel de première classe qui n’a vécu que pour le cul tendance supplice et qui n’a écrit que sur le cul tendance supplice. Eh bien non, j’entraperçois l’homme philosophe et politique. La bibliothécaire va devoir creuser !

Mais revenons à Abnousse ! Son livre est tellement riche que je ne sais pas par quoi commencer. Et encore, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris🤪, ni d’être d’accord avec tout 😱 ! En tout cas, il remue ! Tous les sujets y passent, le féminisme, la religion, la République, la laïcité, le courage, l’engagement… Le ton est tranché, entier, pas de demi-mesure. Le lecteur pourrait se sentir heurté, mais non ! Tout est raisonné, argumenté, rien n’est imposé, loin des idées toutes faites et tellement faciles à s’approprier.

C’est d’abord l’histoire d’un parcours, de son parcours.

Iran, 1979, instauration de la république islamique. Une petite fille, issue d’une famille aisée, ne comprend pas le port du voile, rendu obligatoire, et la surveillance quotidienne de la police des moeurs dans l’espace publique. Ce que l’on ne comprend pas, on ne l’accepte pas.

C’est le début d’une insoumission et d’une révolte.

Abnousse débute son long combat, d’abord, avec une arme enfantine, instinctive, innocente : la provocation (montrer son cul à l’école). Puis, vient l’exil en France, le déclassement, la pauvreté. Et surtout l’incompréhension qu’elle ressent face à des femmes qui choisissent librement le voile, face aux réactions que suscite son statut d’exilée, face à une société qui se veut tolérante mais qui pratique l’entre-soi.

La provocation ne suffit plus, au mieux elle amuse, au pire elle nourrit le malentendu. Sa lutte va devoir devenir plus raisonnée, structurée. 

Vient alors l’émancipation.

Apprendre, lire, comprendre pour pouvoir construire sa propre pensée, l’exprimer et combattre les faux-semblants. Cela va passer par plein de choses dont le plus surprenant est la découverte de la littérature libertine du XVIIIe siècle.

C’est parfois dérangeant, parfois étonnant mais toujours passionnant ! J’ai énormément appris et, surtout, elle m’a donné l’envie de découvrir Sade.

JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU de Sade

D’abord il y a eu le choix du livre. Gros dilemme ! J’étais tellement prévenue contre lui que je voulais commencer par l’ouvrage le plus soft possible. Bref, tout faire pour éviter Les 120 journées de Sodome.

Mon choix s’est porté sur Justine (ah ah ah – rire nerveux – grosse erreur).

C’est l’histoire de deux soeurs orphelines, Juliette et Justine qui, abandonnées à elles-mêmes, vont faire des choix radicalement opposés. Juliette choisira le vice, l’individualisme, la recherche des plaisirs. Le paradis sur terre étant le seul qui nous est garanti, sa recherche excuse tout, absout tout. L’absence de justice, divine ou sociale, gratifie les plus dépravés.

Justine est LA vertueuse par excellence (franchement, à ce point ça confine à la connerie), ne voulant jamais sacrifier ses principes, ses croyances, persuadée que seules les bonnes actions comptent et qu’elle trouvera son salut dans l’au-delà. Mais la vertu ne paie pas et tous les malheurs s’abattront sur elle (jamais vu une fille aussi souvent à genoux).

Sade écrit bien, très bien même, c’est un pur bonheur. A tel point qu’il peut décrire les pires sévices, ça passe tout seul (oui, j’exagère un peu 😫).

Effectivement, ma méconnaissance de l’auteur m’a induite en erreur. Limiter Sade à un  gros pervers est réducteur. En réalité, les passages érotico-pornos sont même très décevants. Je découvre avant tout un être libre, persuadé que seuls des individus éclairés et critiques peuvent devenir des citoyens raisonnés.

Quel que soit le parti-pris qu’il expose, il l’argumente avec une construction assez impressionnante. Que ce soit le point de vue des débauchés ou celui des apôtres de la vertu. La nature toute puissante contre Dieu. Peu importe qui a raison qui a tort, que vous adhériez à son propos… ou pas ; tout tient dans l’implacabilité (ça existe, j’ai vérifié 😉) de son raisonnement qui fait la force de son discours.

C’est un livre totalement amoral, le triomphe du vice sur la vertu. La religion est vue comme un instrument politique pour dominer le peuple. Il place le droit à la jouissance au-dessus de tout, tant pour les hommes que pour les femmes (en ce sens il est le précurseur d’une parfaite égalité entre les sexes tant d’un point de vue social que sexuel). Il revendique la liberté la plus extrême même la plus noire.

C’est une réelle découverte… Je vais quand même faire une petite pause et me rabattre sur un livre complètement con et inoffensif 😂, histoire de bien me vider la tête.

À la semaine prochaine !



REVIENS de Samuel Benchetrit

Mon goût pour le people et mes préjugés auraient pu me faire passer à côté de ce livre 😱 !

J’adore les potins concernant les célébrités : qui couche avec qui ? Qui trompe qui ? Qui vient de quitter qui ? Oui, je sais, c’est assez pathétique 😫.Naturellement je connais Samuel mais uniquement pour sa belle gueule d’ange torturé et parce qu’il vient d’épouser Vanessa Paradis. Bref, je ne le connais pas ! Je n’ai jamais vu ses films, jamais lu ses livres, ni vu aucune de ses pièces de théâtre. Pourquoi ? Parce que j’en ai l’image d’un intello tourmenté, légèrement perché du bulbe et qui peut être, à tout moment, visité par l’inspiration, le génie et autres illuminations. Les rares interviews que j’ai vu de lui m’ont confortée dans mon jugement : ce type n’est pas de notre planète. Il est d’ailleurs. En promotion, je l’imagine faire un effort surnaturel pour sortir de sa fièvre créative permanente, se mettre au niveau de ses interlocuteurs et essayer tant bien que mal d’apprivoiser les codes médiatiques. De temps en temps, il fait de l’humour (enfin, je crois), mais même ses traits d’esprit me laissent à distance. Une sorte de dérision inquiète qui commence par vous faire sourire et qui vous laisse un goût de fin du monde (OK, j’exagère un peu mais je ne suis pas loin de le penser). Bref, jusqu’à présent, j’aimais bien Samuel pour son physique et ça me suffisait amplement.

D’où que Samuel fait partie de la rentrée littéraire ???

Impossible d’aller à la Fnac, chez mon libraire, chez N’IMPORTE QUEL LIBRAIRE, sans voir son bouquin en bonne place parmi les nouveautés ! Une couverture sobre avec seulement le mot Reviens, même pas en très gros, ni en très rouge (aguicher le chaland, quelle vulgarité 😩), aucune ponctuation, un minimalisme assumé qui vous gueule à la figure que « c’est un livre d’auteur, sérieux et que si t’as pas envie de rire, tu es bien tombé et tu vas être servi » ! Seule concession, sûrement imposée par l’éditeur, un bandeau avec la photo de l’auteur (tu m’étonnes !!!).

Sauf que, MON libraire le recommande ! Quand il aime, il trombone un petit papier sur la couverture avec quelques mots manuscrits qui, neuf fois sur dix, donnent envie de le lire.

La première fois, je tourne autour du livre, à bonne distance, comme si mon banquier allait en sortir pour me signifier que la situation de mon compte devrait me préoccuper davantage !

La deuxième fois, je me rapproche prudemment et la troisième fois, je me décide à lire la petite critique de mon libraire.

Je tombe sur le cul ! Il a trouvé ce livre hilarant, émouvant et tendre ! Je vérifie qu’il parle bien du bouquin de Samuel, cet être décalé, à l’ouest, prisonnier des limbes de la création. Il parle bien de lui. Je me dis que mon libraire a pété une durite et rentre chez moi, attends quelques jours… et je reviens acheter Reviens.

J’ai beaucoup aimé ce livre !

Reviens n’est pas une supplication à une femme mais à un fils. Un écrivain, en panne d’inspiration depuis plusieurs années, dont la vie côtoie le néant depuis la séparation avec sa femme, voit son grand fils quitter la maison pour un voyage autour du monde.

Ce départ agira comme un électrochoc dans son existence totalement apathique.

Comme souvent, il faut que les gens partent pour qu’on réalise combien on tient à eux et combien on les connaît mal, par pudeur, par manque d’efforts, par égoïsme, par lâcheté. Le père et le fils s’aiment, bien sûr, mais sans se le dire. Complices, copains, fumant des clopes ensemble, en silence, à quatre heure du matin. Ils ne se disent pas l’essentiel, persuadés que l’autre le sait et que l’essentiel est superflu.

C’est l’histoire d’une renaissance, progressive, douce, entre un père et son fils, entre un homme et l’amour, entre un écrivain et son envie de raconter des histoires.

L’écriture est totalement accessible et ancrée dans le réel (Samuel est un type comme les autres 😜). C’est touchant, tendre et, paradoxalement, drôle, bourré d’auto-dérision. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est hilarant (n’oublions pas que Le Discours de Fabrice Caro a mis la barre très haut) mais j’ai souri et ri souvent (la scène de l’achat du canard à la ferme 😍😍😂).

Je vous le conseille, c’est léger tout en étant peut-être plus profond qu’il n’y paraît.

Et surtout, mes préjugés envers Samuel ont totalement disparu 😜 !

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