LES PILIERS DE LA TERRE de Ken Follett

Je HAIS le moyen-âge


J’adore l’histoire (d’ailleurs si vous l’aimez aussi, je vous conseille un très joli blog, Plume d’histoire, que vous pouvez retrouver sur Facebook) et suis curieuse d’apprendre de toutes les périodes…. sauf le Moyen-âge !
Je trouve ça triste, sombre, trop de pierres, trop de murs épais, pas assez de clarté (c’est quand même pas compliqué de mettre deux verrières, des baies vitrées et des meubles Ikéa un peu designs, bon sang !).
Les tenues sont moches, les meubles sont lourds, il y a des armures partout qui foutent les jetons, on fait rôtir des bœufs entiers dans la cheminée et on ripaille sans retenue. Le fou du roi est souvent représenté par un nain, qui doit supporter toutes les humiliations possibles, c’est vous dire si leur sens de l’humour est pourri. Pour terminer, les chansons des ménestrels et autres troubadours sont à chier (je le sais, j’ai vu Les Visiteurs du Soir, et, franchement, à côté, Frédéric François c’est un ambianceur de fou !).
Evidemment, je caricature, je sais que cette période a été riche en avancées que ce soit au niveau politique, culturel, architectural ou encore scientifique.
Mais ça ne change rien, je n’aime pas !

Pour vous dire, quand je vois des reportages sur des passionnés qui se déguisent pour reconstituer un banquet médiéval ou autre tournoi chevaleresque, je m’empresse de retenir le nom du patelin pour, surtout, ne jamais y mettre les pieds.

Et pourtant, c’est bien d’un livre (ou plutôt un pavé 📚) sur le Moyen-âge dont je vais vous parler.

Les Piliers de la Terre

Vous l’aurez compris, rien ne me prédestinait à lire ce livre.
Alors, pourquoi ?
Un jour, une copine me racontait sa dernière aventure sentimentale. Elle devait en être à son troisième coup de foudre en moins de six mois, et le crush en question cumulait pas mal de défauts. J’essayais de la tempérer (mission impossible), lorsque, comme argument final, elle m’assène « un homme qui a aimé Les Piliers de la Terre ne peut pas être mauvais ».
Là, j’avoue, je n’ai pas su quoi répondre, vu que je ne connaissais absolument pas. C’était quoi ? Un film ? Un livre ? Un nouveau magasin de bricolage ?
Heureuse d’avoir eu le dernier mot, elle daigna me raconter le pitch.
Là encore, son sens de la mesure fit des ravages (mais c’est ce qui fait son charme) et elle partit dans un résumé dithyrambique : une fresque incroyable, une épopée passionnante, quand on l’a commencé on ne peut plus s’arrêter, comment ? Je n’en ai jamais entendu parler ? C’est un succès mondial ! Il faut ABSOLUMENT que je le lise.
J’étais chaude comme un petit pain au lait, lorsqu’elle termine par « ça parle des bâtisseurs de cathédrales au Moyen-âge et ça fait plus de mille pages ».
AH AH AH (rire nerveux), je déteste le Moyen-âge, je me soucie comme d’une guigne de la construction des cathédrales et, franchement, les pavés de mille pages (en plus écrits tout petit) me font fuir.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis

Je me raisonne : en même temps, qui aime ça ? Personne !
Donc si c’est un best-seller c’est qu’il y a une raison. Autant la découvrir et mettre mes préjugés sous le tapis.
Je commence le livre avec une moue qui signifie bien toutes les réserves que j’émets.
Puis, cette moue s’atténue de plus en plus pour devenir une totale addiction à l’histoire, addiction qui me rend particulièrement désagréable quand on me sort de ma lecture (lorsque mes filles ont faim, par exemple).
L’histoire se déroule en Angleterre de 1120 à 1170. La monarchie et l’église se disputent le pouvoir.
Tout est bon pour marcher sur les plates-bandes de l’autre.
Pour l’église, quoi de mieux qu’une cathédrale grandiose pour asseoir et imposer son pouvoir ?
C’est ainsi que cette fresque, qui coure sur 50 ans, évoque le destin de Tom (un bâtisseur talentueux mais misérable) et de sa famille. Le tout, au milieu de guerres intestines, désirs de vengeance et trahisons.
Toutes les couches sociales sont représentées, on éprouve des sentiments forts pour chaque personnage (amour, affection, pitié, haine ou mépris). On apprend l’histoire de l’Angleterre à cette époque. Et, surtout, les efforts titanesques et ingénieux, des bâtisseurs de cathédrales pour construire toujours plus grand, au péril de leur vie.

L’auteur réussit à nous piéger, il ne nous laisse aucun répit jusqu’au mot FIN.

Surtout, il vous fait croire que vous lisez un roman passionnant mais c’est également un livre d’histoire ! Soit Ken est la réincarnation d’un bâtisseur soit il a fait des recherches historiques incroyables. Vous découvrez (sans effort, puisque c’est un roman 😜) la situation de l’Angleterre à l’époque, les enjeux politiques, les rapports de force entre l’église, la monarchie et la noblesse, les conditions de vie des plus modestes et surtout la passion des bâtisseurs qui veulent réussir l’impossible pour rendre gloire à Dieu. Un sacerdoce d’autant plus difficile qu’ils sont manipulés par l’église et les puissants, leur savoir étant un instrument de pouvoir.

Ken Follett est diablement efficace

J’ai tellement aimé que j’ai lu la suite (Un monde sans fin) puis plein d’autres livres de lui.

Bon, on ne va pas se mentir, ce n’est ni du Victor Hugo, ni du Albert Camus. C’est de la littérature populaire, revendiquée comme telle, accessible, toujours très bien documentée. Et, à chaque fois, ça marche ! Vous êtes accros !

A croire qu’il a une recette du succès ! Eh bien oui ! Si vous allez sur son site, il vous explique les règles basiques qu’il applique à ses œuvres.

Règle N°1 : installer le contexte et les personnages principaux , avant de démarrer une action grandiose (bataille, etc.) pour que le lecteur s’immerge et s’attache immédiatement.

Règle N°2 : il doit se passer quelque chose toutes les 4 ou 6 pages minimum, pour éviter d’ennuyer ou de partir dans des descriptions trop laborieuses.

Etc.

Les Piliers de la Terre ont été adaptés en série pour la télévision et c’est presque aussi bien que le livre 😜

2 commentaires sur “LES PILIERS DE LA TERRE de Ken Follett

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