WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN (Il faut qu’on parle de Kevin) de Lynne Ramsay

Je vous préviens, cet article va être une grosse, grosse, barre de rire !

Le bonheur, c’est simple comme une offre Canal +

J’adore la télé. Contrairement aux discours ambiants, je ne la trouve pas du tout abrutissante. Il suffit de choisir ses programmes. Moi, entre F5 et Arte, j’ai trouvé mon bonheur. Bon, je ne vais pas me la jouer trop intello non plus, je craque aussi sur des téléfilms à la con, je me surprends parfois à suivre l’intrigue d’un Inspecteur Barnaby (si, si, il y en a) et je suis fan des films de cinéma. Mais, globalement, j’arrive à me discipliner.

C’est pour préserver cet équilibre que je refuse de m’abonner à des chaînes payantes. Je connais mes faiblesses, et un peu de frustration ne nuit pas. Mais, quand je reçois un courrier d’Orange m’annonçant que je bénéficie d’une « offre découverte » avec toutes les chaînes Canal gratuites pendant 3 jours, je deviens dingue.

C’est le même principe que les buffets à volonté : c’est gratuit, empiffrons-nous !

Je compulse frénétiquement les programmes, je planifie les enregistrements, je modifie le planning familial s’il le faut et j’interdis l’accès de la télé à mes filles (qu’elles aillent voir les Cœurs brisés des Princes de l’amour avec les Ch’tis à Marseille, ailleurs).

Bref, en 3 jours, l’objectif est d’accumuler suffisamment de films pour tenir un an 🤪.

C’est comme ça que j’ai découvert We need to talk about Kevin, grâce à Canal et grâce à Tilda.

Vous connaissez Tilda Swinton ?

Honnêtement, je ne connaissais pas le sujet du film et, tant mieux, car je serais passée à côté d’une pépite.

J’ai juste vu la présence de Tilda Swinton que j’admire.

C’est une actrice anglaise issue d’une illustre lignée écossaise.

Pour l’anecdote, elle était dans la même classe que Diana (pas Ross, Spencer)

C’est une tradition, on le sait, chaque famille noble a son excentrique.

Et, si excentrique signifie faire ce que l’on aime, vivre comme on l’entend, alors, Tilda est excentrique.

Tilda, c’est d’abord un physique : androgyne, tout en longueur et finesse, Bowie réincarné en femme… ou pas. C’est un port altier, un physique majestueux qui impressionne, impose le respect et attire.

Puis c’est un talent. Elle peut tout faire, tout jouer, du gourou malsain dans La Plage à la méchante reine dans Le Monde de Narnia en passant par la vieille octogénaire du Grand Budapest Hôtel ou encore la bourgeoise italienne dans Amore.

Sa présence est, pour moi, signe qu’on va sortir des sentiers battus, des clous, du droit chemin, et c’est toujours tentant.

Je décide donc d’enregistrer le film, et le regarde quelques jours plus tard.

Mon népoux, qui sent la chose « pas tout à fait entertainment, voire même un peu prise de tête, voire même un peu film d’auteur dépressif et qu’il n’a pas besoin de voir un film sur les adolescents vu qu’il en a déjà 3 à la maison » me dit qu’il est fatigué mais que ce n’est pas grave, je lui raconterai (AH AH AH, il ne va pas être déçu).

J’adore être surprise, mais là, c’est une vraie claque.

Le Pitch

Une mère apprend qu’un massacre a eu lieu dans le lycée de son fils. Un élève a tiré sur ses camarades. Elle est folle d’inquiétude à l’idée qu’il puisse faire partie des victimes, lorsqu’elle apprend que c’est son fils, l’auteur de la fusillade.

Passée la stupeur, commence une introspection. Quelle erreur a-t-elle commise, où s’est-elle plantée dans son rôle de mère, pour faire de son fils un monstre ?

Fonctionnant par flash-backs, le film retrace leur histoire. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça commence mal.

La grossesse bouleverse sa vie de citadine dynamique qu’elle adore.

L’accouchement donne envie d’avorter même si on n’est pas enceinte.

Le rejeton ne hurle qu’avec elle, jusqu’à la rendre folle.

Elle tient bon et s’illusionne, en jouant à la parfaite mère au foyer.

Elle sacrifie sa vie professionnelle et s’enterre en banlieue.

Si elle respecte les codes, ça va bien finir par s’arranger, non ?

Non ! C’est de pire en pire, les années passent et le climat entre mère et fils est de plus en plus délétère.

Ce môme, diaboliquement intelligent, fait tout pour la décrédibiliser dans son rôle maternel et la regarde, avec délectation, s’engluer dans des efforts désespérés et vains.

L’adolescence est le point culminant, et, tout annonce l’imminence d’un drame.

C’est pas simple… mais c’est bien

Ce film est dur. Ce n’est pas un film violent, c’est pire. Les relations sont disséquées au scalpel, de manière quasi chirurgicale, froidement, sans passion.

Et maintenant ? Comment se retrouver face à son garçon, après ce qu’il a fait ?

Comment faire face à la haine et la douleur des parents des victimes ?

Quelle issue est possible ? Y en a-t-il seulement une ?

On dit qu’au plus profond des ténèbres, il y a toujours une lueur.

La fin est lumineuse. Certains vous diront que c’est un lumineux subtil, mais pas moi. C’est un lumineux aveuglant. Enfin ! Ces deux-là arrivent à destination, leur rédemption à portée de main.

Le lendemain, j’ai parlé de ce film à tout le monde. Il continue de m’habiter, 5 ans après. Et, c’est l’espoir que j’associe à ce film.

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