Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimésUne fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbresUne fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bêteSouillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beautéEt ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.
COMPRENNE QUI VOUDRA de Paul Éluard
il faut revoir Georges Pompidou dans les archives de l Ina, citant de mémoire quelques stances de ce poème en fin de conférence de presse. Quelle classe! Classe d un poète, classe d un président; autre temps, autres mœurs, si loin des éléments de langage des politiques communicants
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C’était à propos du suicide de Gabrielle Russier
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Oui à l’époque je n’avais pas bien compris et là ce que j’avais compris n’avait pas été voulu…
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George Pompidou était un normalien , agrégé de lettres, extrêmement cultivé.Aujourdhui les hommes politiques n’ont plus cette culture, ils en sont même loin…
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Cela allait au delà du cas de Gabrielle Russier, puisque ce poème avait été écrit par Elluard, Résistant communiste, en 1944, en protestation du sort fait à la Libération à nombre de femmes tondues. Il avait précisé que certains s’en prenaient aux femmes pour ne pas que l’on s’en prenne à eux et la citation par Pompidou, dans le contexte du suicide de Gabrielle Russier, est clairement une attaque contre la Bourgeoisie conservatrice…
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