TEARS IN HEAVEN de Eric Clapton

Would you know my name ?
If I saw you in heaven
Would it be the same ?
If I saw you in heaven

I must be strong
And carry on
‘Cause I know I don’t belong
Here in heaven

Would you hold my hand ?
If I saw you in heaven
Would you help me stand ?
If I saw you in heaven

I’ll find my way
Through night and day
‘Cause I know I just can’t stay
Here in heaven

Time can bring you down
Time can bend your knees
Time can break your heart
Have you begging please
Begging please

Beyond the door
There’s peace, I’m sure
And I know there’ll be no more
Tears in heaven

Would you know my name ?
If I saw you in heaven
Would you be the same ?
If I saw you in heaven

I must be strong
And carry on
‘Cause I know I don’t belong
Here in heaven

IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME de Philipe Claudel

Les Césars, un rendez-vous immanquable !

À quatorze ans, j’ai décidé de devenir actrice. J’avais pris des cours de théâtre au collège. J’adorais ça ! Mon interprétation de Britannicus ayant laissé tout le monde sans voix 🤣, j’avais trouvé ma vocation ! Vocation totalement désapprouvée par ma mère, qui reconnaissait cependant mes talents de comédienne 😤, mais restait d’un terre à terre affligeant pour l’adolescente que j’étais. Chaque discussion sur le sujet se terminait invariablement par un « passe ton bac d’abord ». Des années plus tard, j’ai compris – et moi-même pratiqué – cette feinte qu’on pourrait appeler « gagner du temps sans braquer son mioche ».

Finalement, cette vocation disparut aussi vite qu’elle était venue, mais j’en ai gardé un amour inconditionnel pour le cinéma et tout ce qui s’y rapporte.

Chaque année, je regarde donc les Césars. La cérémonie est de plus en plus mauvaise au fil du temps, mais j’y crois toujours. 2019 n’a pas dérogé à la règle. Le pauvre Kad Merad a fait ce qu’il a pu, Jérôme Commandeur aussi, mais c’était chiant !

Seule consolation : la présidente de cérémonie, Kristin Scott Thomas. J’ai toujours aimé cette actrice qui apporte un zeste de fantaisie British dans ses rôles. Puis, j’ai vu Il y a longtemps que je t’aime.

Un film, un pitch !

Juliette sort de prison après 15 ans passés derrière les barreaux. 15 années passées seule, sans visite, ses parents et ses proches ayant totalement coupé les ponts. Dans le cadre de sa réinsertion, sa jeune sœur, Léa, mariée et mère de deux fillettes, accepte de l’accueillir chez elle. Léa souhaite enfin connaître cette grande sœur dont elle n’a que quelques souvenirs épars et flous et qu’il était interdit d’évoquer dans la famille. La cohabitation s’organise. Juliette réapprend à vivre entre la bienveillance maladroite et étouffante de sa petite sœur et la suspicion de son beau-frère. Elle retrouve des gestes, des sensations oubliés, participe à la vie de famille avec bonne volonté mais sans envie ni plaisir. Elle est là sans être là, toujours en retrait, ailleurs, avec une vérité qu’elle seule connaît.

On découvre peu à peu cette vérité, incompréhensible, innommable, inexpiable. Jusqu’au dénouement final qui vous achève.

Elle en pense quoi, la bibliothécaire ?

Elle a adoré ! Certains films, comme certains livres, ne vous quittent jamais. Ils restent près de vous. Vous pensez les avoir oubliés, ils sont juste enfouis, prêts à ressurgir à l’occasion d’un mot, d’une phrase, d’une sensation. Il y a longtemps que je t’aime fait partie de ces films.

C’est un premier film, écrit et réalisé par l’écrivain à succès, Philippe Claudel. Alors, oui, il y a des maladresses, mais il y a aussi des instants absolus de beauté douceâtre.

Ce film est d’une douceur et d’une mélancolie magnifiques. Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein sont d’une justesse incroyable. Le début du film est aride, sec, pas de grands effets, une économie de moyens au service de situations les plus réalistes possibles. Ça parle de la trace indélébile que laisse la prison sur un être humain, du jugement des autres qui constitue une double peine, de la difficulté de la réinsertion qui tient plus du chemin de croix que de la deuxième chance.

Puis, au fil des révélations, le film évolue, délaissant les thèmes de société pour tendre vers l’intime des personnages. C’est là qu’il y a certaines erreurs : on n’échappe pas aux clichés, aux bons sentiments, à la justification à tout prix. Ça ressemble à un virage mal négocié, mais ce n’est en aucun cas une sortie de route. Je me suis laissée happer par cette histoire.

Si vous ne l’avez jamais vu, n’hésitez pas ! C’est beau, c’est fort et Kristin est décidément la plus incroyable des actrices que l’Angleterre nous ait envoyé (avec Tilda Swinton 😉) !

AVEC TOUTES MES SYMPATHIES de Olivia de Lamberterie

Olivia et moi, c’est une longue histoire…

Je regarde régulièrement ses chroniques littéraires. Elle a un don pour vous donner envie de lire. Un mélange de douceur, de conviction et d’exigence. Comme si la littérature lui semblait être un sujet trop vital pour être galvaudé.

Elle ne fait pas de bruit, pas d’effet de manche, pas d’entertainment. Elle ne se plie pas au jeu de l’époque. Comme tous ceux qui ont des choses importantes à dire, elle parle avec mesure.

Elle pense que les livres doivent vous toucher l’âme, vous bousculer, vous heurter.

Comme moi. Il faut que ce soit âpre, que ça vous questionne, vous bouleverse, vous hante, bien après avoir refermé le bouquin.

J’ai découvert des trésors grâce à elle. Des livres qui sont venus s’ajouter à mon Panthéon personnel. Je pense à En ce lieu enchanté, Le chant de la Tamassee ou encore Le Chardonneret.

Je pense à Joyce Carol Oates, à son livre Les Chutes qui m’a donné le vertige. Certains livres peuvent transformer la réalité. Désormais, les chutes du Niagara, ne sont plus, pour moi, un lieu touristique et spectaculaire, mais un espace envoûtant, maudit, un endroit doté d’une volonté propre, qui me perdra si je m’en approche. Je les imagine, toujours aux premières heures du jour, désertes, signalées uniquement par un brouillard d’eau et un bruit agressif, entêtant. Je n’irai jamais, je serai trop déçue de les voir domestiquées, sous un soleil de plomb, avec une horde de touristes.

Cette fois, ce n’est pas Olivia, critique littéraire, mais Olivia auteure. Elle sort son premier livre.

Son petit frère est mort. Pas d’une longue maladie, ni d’un accident. Il a choisi de mourir, il s’y est préparé, entraîné même ; il s’est suicidé.

Ce livre le raconte, sa vie, sa mort. Et la vie de ceux qui restent.

Parce que c’est ça, la mort, uniquement ça. Ceux qui restent et leurs souvenirs. La mort, c’est ce qu’en font les vivants. Comment on supporte. Comment on se raccroche à des histoires dignes du père Noël, comment on scrute le moindre signe.

Son frère pouvait être flamboyant, lumineux et l’instant d’après totalement absent, perdu dans sa mélancolie. Il fait partie de ces gens dont on dit qu’ils n’arrivent pas à vivre, qu’ils n’ont pas le mode d’emploi. Tout leur est effort, jusqu’au jour où, épuisés, vidés, la mort leur semble plus douce que la vie.

Olivia raconte leur histoire, leur enfance, leur famille, bourgeoise et taiseuse. Elle raconte son amour inconditionnel pour son frère. Elle raconte sa douleur, sa révolte, sa colère, ses efforts pour donner le change à ses enfants, pour se maintenir dans une illusion de quotidien.

Son récit est sans filtre, bouleversant, drôle parfois, digne et sincère, toujours. Il vous ramène à vos propres deuils. Se tenir droit, ne rien montrer alors qu’autour de vous tout vous semble dérisoire, que vous en voulez aux autres qui continuent leur petite vie, au monde qui continue de tourner. Car si chaque histoire est intime, les sentiments face à un décès sont universels. Le choc, l’incompréhension, la souffrance, la rage, puis enfin l’acceptation.

En refermant le livre, je chialais comme une gosse, je pleurais sur toutes les morts, celle de son frère et celle des miens.

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