LES CHUTES de Joyce Carol Oates

Avec Joyce (j’adore l’appeler par son petit nom), on s’est connu il y a 10 ans

Je ne me souviens absolument plus comment j’ai découvert cette écrivaine américaine. C’est d’autant plus fâcheux que j’aime tout ce qu’elle écrit. C’est mon auteur favori. C’est un peu comme si je disais « je ne me souviens plus comment j’ai rencontré mon mari ». À moins d’avoir 6 grammes dans le sang ou Alzheimer, c’est pas possible.

Eh bien si !
Je me souviens juste du 1er livre d’elle que j’ai lu : La fille du fossoyeur (on la sent bien la joie de vivre). J’ai adoré l’histoire, l’écriture nerveuse, violente presque douloureuse à lire. Car lire des livres de Joyce Carol Oates, c’est épuisant. À chaque fois, c’est pareil, je sais que ça va faire mal mais c’est comme une addiction. Je suis happée par l’histoire, par son univers et j’en ressors comme un pull angora après un cycle à 90°.
Son truc à elle c’est l’Amérique, dans ce qu’elle a de plus noir, de plus désespéré. Mais elle parle aussi de résilience. Les personnages, qu’ils soient confrontés à des démons intérieurs ou extérieurs, ne s’effondrent jamais totalement.

OK mais ça parle de quoi, Les chutes ?

Ça se passe dans les années 50 aux Etats-Unis.
Les chutes, c’est les chutes du Niagara.
Ça débute par un mariage, pitoyable, celui de la dernière chance, entre, Arian Littrell, « vieille fille » de 29 ans, fille de révérend, dont sa famille ne sait plus quoi faire, et Gilbert Erskine, jeune révérend prometteur mais tourmenté. Au matin de leur nuit de noces, la mariée se retrouve veuve, le marié ayant fait le grand saut dans les chutes.
Pendant qu’on cherche le corps de son mari, elle va attirer l’attention d’un brillant avocat. Ce sera le début d’une relation passionnée, mais personne ne sortira indemne des chutes.
C’est l’histoire d’une femme, qui, se croyant vouée au malheur, va tout faire pour défendre son nouveau bonheur, mais tout faire mal. Avec toujours en filigrane, les chutes, personnage à part entière, tour à tour coupables et victimes.

Girl Power OK ?!!!

En 2010, lors du festival du film américain de Deauville, Joyce Carol Oates a reçu le prix littéraire « Lucien-Barrière » pour la réédition de son livre Blonde  : « Le plus grand écrivain américain aujourd’hui est une femme. Mais ce n’est pas son seul défaut. Car cette femme écrit comme un homme. »
Pour moi ce n’est pas un compliment, c’est le summum de la misogynie sous couvert de traits d’esprit (pour écrire bien il faut écrire comme un homme ???).
Joyce Carol Oates écrit comme personne d’autre et ça me suffit.

Vous êtes toujours là ?

En relisant ce billet, je ne suis pas vraiment sûre de vous avoir donné envie de lire ce livre. « Douloureux, désespéré, essorage, démons… », on sent bien que ça ne va pas être la fête de la rigolade.
Que vous dire ? Ce livre a reçu le prix Femina étranger en 2005 (mais on s’en fout des prix, non ?).
Juste, si vous aimez vous sentir vivant, sur le fil, quand vous lisez, ne passez pas à côté de ce livre (et de tous les livres de Joyce en général).

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