LE CHAGRIN DU ROI MORT de Jean-Claude Mourlevat

Votre mission, si vous l’acceptez, sera d’occuper 3 pré-ados pendant les vacances d’été !

Sauf que moi, je ne suis pas Tom Cruise mais mère de famille, et que je n’ai pas la possibilité de refuser cette mission.
Il faut savoir que les pré-ados ont ceci de remarquable : elles veulent être considérées comme des adultes (NAAN, mais ça va quoi ! Laisse-nous vivre notre vie !), mais elles ont l’autonomie d’un chiot (tu peux me faire mon Nesquik ?), et surtout, elles se lassent très rapidement de n’importe quelle activité, surtout si cette activité est proposée par leur mère.
Les pré-ados ont également une propension hors du commun à faire la gueule pour exprimer toute une palette d’émotions (mécontentement, contrariété, ennui etc.).
Bref, c’est vraiment Mission Impossible.
Il y a quelques années, j’en étais là de ma réflexion, quelque peu épuisée, après avoir proposé piscine, accrobranches, randonnées, observation des chèvres en milieu naturel ou petit tour à la fête du village (NAAAN, mais la fête du village quoi ?!!! Tu nous prends pour des bébés ??? Non, mes chéries, pour des chieuses éventuellement, mais pas des bébés).
Me vient alors l’idée du livre !
Direction la librairie, avec mes 3 poulpes, dans l’espoir d’un miracle !
Elles tournent dans la librairie, prennent les bouquins, regardent les résumés, font la moue et les reposent.
De mon côté, je cherche. Et je tombe sur un pavé (403 pages pour un jeune, c’est un pavé. Je me dis qu’à raison de 2 pages par jour, je peux être tranquille pour presqu’un an).
L’auteur m’est totalement inconnu, Jean-Claude Mourlevat.
Son nom fleure bon le terroir, il est en tête de gondole et la libraire est dithyrambique.
Soit c’est vraiment une pépite, soit le gars est du coin et bénéficie du soutien, de la région, du maire, des commerçants et des habitants, histoire de relancer l’économie locale.
Je le prends et le retourne dans tous les sens.

Le Chagrin du roi mort

Déjà le titre. On parle quand même de littérature jeunesse ! Sur 5 mots, le titre contient « chagrin » et « mort ».
Je veux occuper mes filles pas les pousser au suicide ! En plus, le roi est mort donc comment peut-il avoir du chagrin ?
J’en suis à penser que Jean-Claude est le fou du village qui n’a plus toutes ses facultés.
En même temps (Macron sort de ce corps 😜), je trouve que ce titre a un pouvoir d’évocation incroyable.
Certes, il est triste mais empreint de mystère et de poésie. Il résonne en moi comme une promesse, une porte entrouverte sur un monde imaginaire, onirique et puissant.
Et surtout, il est ambitieux. Il exprime une certaine exigence vis-à-vis de ses futurs lecteurs, aussi jeunes soient-ils (le livre est préconisé à partir de 12 ans). Je me dis que ça va les changer des « Accro au shopping » et autre Chicken littérature.
Au pire, si ça ne leur plait pas, je le garderai pour moi. Car plus je le feuillète plus il me fait envie.
Donc, je le prends !
Je le présente à mes filles qui me regardent, limite comme une mère infanticide : « Tu veux nous filer le cafard ?! C’est ça ???! On te rappelle qu’on est en vacances !».
Je ne le sais que trop bien mes amours ! 😤😤😤
Je me transforme alors en VRP digne des “Portes Ouvertes” Peugeot, avec des arguments qui vont des plus sérieux aux plus désespérés (mais faites-le pour vot pov’ mère, bordel !!!) puis décide d’aller sur le terrain du défi « C’est sûr, ça a l’air d’être un livre pour les jeunes adultes, voire même pour les adultes. Vous êtes peut-être trop petites, vous ne comprendrez rien !».

Et ça marche ! (C’est qui the best mother of the universe, hein ?)

 

Le pitch

C’est l’histoire d’une petite île froide, quelque part dans le nord. Le roi est un homme bon.  C’est l’histoire d’Aleks et Brisco, frères jumeaux, qui aiment arpenter l’immense bibliothèque du royaume, tellement grande qu’on s’y déplace de salles en salles et de rayons en rayons, en wagonnets. C’est l’histoire de cette vie paisible, de ces bonheurs simples. Puis le roi meurt. C’est l’histoire du malheur, que personne n’a vu venir. La séparation douloureuse d’Aleks et Brisco. Après le temps de l’enfance, vient celui de la guerre.

Le résumé dit tout :  « Il sera question de séparation, de guerre, de trois ciels différents, d’un premier amour. Il y aura une prophétie, des êtres qui se perdent dans l’immensité, une sorcière qui mange des têtes de rat… ».

Toutes les critiques étaient excellentes, même si, apparemment, le meilleur livre de Jean-Claude c’est Le Combat d’Hiver qui a reçu de nombreux prix littéraires.

C’est un livre tendre, violent, cruel, poétique, généreux. J’ai adoré. Ma grande fille (13 ans à l’époque) l’a englouti, ma mère l’a lu, mon père l’a lu, ils ont aimé tous les deux.

Qui a dit que c’était de la littérature jeunesse ??? 😜😜😜

P.S. : bon, finalement, Jean-Claude est loin d’être le fou du village 😜😜😜

 

3 commentaires sur “LE CHAGRIN DU ROI MORT de Jean-Claude Mourlevat

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