LE MONDE D’HIER de Stefan Zweig – Commenté et illustré par Laurent Seksik

Je suis VINTAGE !


Si je traduis dans le langage de la bibliothécaire, ça donne « je suis vieille mais je fais comme si je n’étais pas au courant ».
C’est un mélange de « j’ai 20 ans dans ma tête, mais pas dans mon corps » et « j’assume totalement ».

De toutes façons, l’ancien redevient tendance. C’est bien simple, impossible de trouver un dossier Déco sans meubles en Formica, rééditions de pièces des années 70 ou vieux bureaux d’écoliers (de préférence, ceux qui ont bien, bien vécu).

Et tous les domaines sont touchés, la mode, les accessoires, la musique…

Moi-même, qui vous parle en ce moment, j’ai craqué pour un bon vieux tourne-disques façon années 50 et je frime dans le rayon vinyles de la Fnac. Tout ça pour acheter un 33 tours de Jean-Jacques Goldman et dire aux amis « Naaan mais quand même, ce son brut, c’est autre chose qu’un CD ou un MP3 !!! », alors que je suis sourde comme un pot !

J’adore les montres et bijoux vintage, je suis fan des vieux téléphones avec combiné et écouteur, je pourrais ouvrir un crédit pour une vieille machine à coudre du début du siècle dernier (non, non, je ne couds pas, j’ai horreur de faire quelque chose de mes deux mains), je me pâme devant des carreaux de ciment et vous me montrez n’importe quelle boite en métal rouillé, je peux m’extasier pendant des heures.

Vous l’aurez compris, tout ce qui est petit est peut-être mimi, mais, pour moi, tout ce qui est vieux est merveilleux !

Donc forcément, ce livre est fait pour moi !

Un livre dont le titre est Le monde d’hier ne peut que me plaire !

D’abord, l’auteur est Stefan Zweig.

Je l’ai découvert à l’adolescence. Comme tous les ados, j’étais entière, pétrie de grands idéaux, ultra sensible, en butte à une société d’adultes résignés devant les malheurs du monde.

Stefan a été, une révélation. Enfin, un adulte qui écoutait, qui comprenait. Tolérant, humaniste, sensible, pacifiste, européen convaincu. Il décrit des individus en proie à des tourments intérieurs, face à une société capable de broyer ceux qui ne se conforment pas à ses règles.

Il dépeint les émotions comme personne.

Bref, ses écrits sont teintés d’une mélancolie propre à parler à n’importe quel adolescent révolté… et même adulte !

Ensuite, ce livre est beau !

En couverture, une vieille photo des années 20. Sur la plage, une femme fait le poirier, le sable est jaune, la mer est bleue. Rien de très original, si ce n’est une impression d’insouciance, de légèreté, de liberté… et de nostalgie. C’est la photo d’un paradis perdu, d’un âge d’or révolu, d’un monde qui s’est cru invincible, différent, mais qui a péri par les éternels maux de l’humanité.

A l’intérieur, des photos et des documents d’époque ont été choisis avec soin par Laurent Seksik, offrant au lecteur le privilège de voir ce que Stefan Zweig a vu.

Enfin, c’est le dernier de Stefan.

Il a envoyé le manuscrit à son éditeur, la veille de son suicide.

Chef-d’oeuvre, autobiographie, livre testament, l’hivre d’histoire… les critiques sont élogieuses. Il s’autorise enfin à parler de lui, de sa vie, de ses voyages, du monde qu’il a vu disparaître, des dangers qu’il a vu naître et de cet idéal auquel il croyait encore mais qu’il n’avait plus la force d’attendre.

Je ne peux qu’aimer. C’est mon prochain sur la pile et je brûle d’impatience de retrouver la délicatesse et le talent de Stefan.

 

 

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