PARIS EST UNE FÊTE d’Ernest Hemingway / MRS HEMINGWAY de Naomi Wood

Grosse promo : 2 livres pour le prix d’1

Exceptionnellement, je vais vous parler de 2 livres car, même si on peut lire l’un sans l’autre, l’un avec l’autre c’est beaucoup mieux. En tout cas, c’est ce que j’ai fait, de manière fortuite.

Vous vous rappelez Danielle ?

Mais si, Danielle, la mamie dont le témoignage pacifiste avait bouleversé les Français après les attentats du 13 novembre 2015 ? Elle avait dit « C’est très important de lire et relire Paris est une fête d’Hemingway, car nous sommes une civilisation très ancienne et nous porterons au plus haut nos valeurs. Nous fraterniserons avec les 5 millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment. Et nous nous battrons contre les 10 000 barbares ».
2 jours après, le livre était en rupture de stock et devenait le symbole de la résistance face à l’horreur.
J’ai mis 2 ans à suivre les conseils de Danielle, je l’ai lu cet été.

Ernest, fallait pas le faire chier

Je ne connaissais pas du tout Hemingway, ni sa vie, ni son œuvre.
Je savais juste qu’il était écrivain, journaliste, qu’il avait l’âme et le physique d’un baroudeur, qu’il était très très très beau gosse, jeune (et même vieux avec sa barbe blanche), et qu’il adorait se pinter au bar du Ritz (ce qui est, quand même, la classe ultime).
Bref, sans même le connaître, j’avais une affection certaine pour lui.
C’est alors que je me suis rappelée Danielle et que j’ai décidé de lire Paris est une fête.
J’avais entendu beaucoup de choses sur ce livre :
– que le titre induisait en erreur et que ce n’était pas un livre « pouët pouët  »
– qu’il l’a écrit à partir de notes oubliées au Ritz fin des années 20 et retrouvées 30 ans plus tard (elles lui seront envoyées par l’hôtel dans une malle Vuitton, le genre de détail que j’adore)
– que Danielle l’aimait beaucoup (et j’aimais beaucoup Danielle)

La vérité, j’suis choquée

Je commence donc, et, là, impossible de savoir quoi en penser.
Je suis totalement décontenancée par l’écriture et la façon dont Hemingway raconte sa jeunesse à Paris avec sa première épouse, Harley.
Je savais qu’il tendait vers une écriture austère et un style dépouillé de tout artifice, que son but était d’écrire la phrase la plus vraie possible. Pour lui, écrire le strict nécessaire rendait l’histoire bien plus intense et vraie que n’importe quel ajout, interprétation ou effet de style.
OK, mais je m’attendais à un récit brut, rugueux, à une personnalité rebelle, sans concession. Or, par moment, il décrit son couple ou son quotidien avec une telle douceur, une telle candeur, qu’il fait l’effet d’un petit garçon. Il retranscrit en toute franchise son intimité ce qui donne un sentiment de naïveté que seuls peuvent avoir les enfants.
Son récit est empreint de nostalgie, il s’attarde plus sur les gens que sur les lieux.
Comme si, avec l’âge, il rendait justice à ceux qui l’avaient aimé (quel hommage à sa première épouse !) et qui avaient fait de lui un écrivain.
Et pourtant, quand j’ai refermé ce livre, je savais que j’avais approché au plus près du Paris « bohème » et de la vie artistique ou intellectuelle de l’époque.
Je m’imaginais précisément le Paris des années 20, je voyais ces lieux, j’y étais avec lui.
Ce livre, malgré moi et malgré lui, m’accompagne.
Il compte pour moi… alors même que je ne sais toujours pas quoi en penser !

Ernest, ça suffit ! Arrête de me suivre !

Peu de temps après avoir fini Paris est une fête, j’apprends la sortie d’un roman, Mrs Hemingway.
Ce roman raconte Hemingway au travers de ses 4 épouses.
Car, oui, quand il aime, il épouse, le reste n’est qu’aventure.
Ces 4 femmes, aussi différentes soient-elles, ont en commun l’amour qu’elles portent à cet homme et le désir de le sauver de ses démons.
Cet amour transcende tout et elles vont se passer le relais au service d’une même mission.

Bien ficelé ce livre

Ce qui est puissant c’est la construction du roman.
4 parties, une par épouse.
Toujours pareilles et toujours différentes.
À chaque fois, ça débute par la fin de l’histoire, la lassitude, l’éloignement de cet homme qui part vers une autre femme, les efforts de l’épouse pour le garder près d’elle. C’est l’occasion pour elle de se remémorer leur rencontre, leur passion, leur vie commune…
Et ça commence bien sûr par Harley, la douce Harley, qui se rappelle leur amour et les années de vache maigre à Paris. (D’où l’intérêt d’avoir lu Paris est une fête avant).

Pour moi, la boucle était bouclée.
Et j’ai préparé un Martini en l’honneur de PAPA !

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