I’M NOT YOUR NEGRO de Raoul Peck et James Baldwin

Moi, quand on me dit de regarder, je regarde

Je vous ai déjà dit que j’aimais Arte. Mais j’aime aussi beaucoup Télérama (je sais, ça commence à faire caricature).
Il y a quelques mois, je regardais donc le programme télé, quand je vois un TTT devant un documentaire, I’m not your negro. Je m’arrête, à la fois interloquée par le titre et par la notation (à Télérama, un TTT ça ne pousse pas sous le sabot d’un cheval, ça signifie « attention chef d’œuvre », bref ça claque).
Je lis la critique, et c’est parti pour une litanie de compliments, des superlatifs en veux-tu en voilà. J’ai rarement vu aussi dithyrambique.
Et s’il n’y avait que Télérama, mais non ! Car en creusant un peu, j’apprends que ce documentaire, déjà sorti aux États-Unis, est encensé partout où il passe, qu’il a reçu de nombreux prix et qu’il a été nommé aux Oscars.
Je DOIS regarder.

 

Un documentaire ! Plus d’1h30 ! Sur Arte ! En Prime Time !

Vous la sentez la soirée ?
Et pourtant, j’avais le choix entre des séries, des blockbusters US, des spectacles humoristiques, bref, des programmes qui ne font aucun mal, ni au moral ni à l’intellect.
Eh bien non ! J’aime souffrir.

 

Où je découvre James Baldwin

Ce documentaire, réalisé par Raoul Peck, reprend les écrits de James Baldwin et retrace la lutte contre les ségrégations raciales aux Etats-Unis.
Le réalisateur est parti du livre inachevé de James Baldwin et s’en est servi comme fil conducteur en lui restant totalement fidèle.
James Baldwin est un total inconnu pour moi, donc, premiers indices : James Baldwin est un écrivain, il est mort, il est américain, il est noir.
Je décide de regarder le documentaire et je googleriserai James après.

 

Je croyais être tolérante. En fait, j’étais ignorante

Je m’installe sur mon canapé et c’est parti.
Je passe 1H30 sans bouger, totalement hypnotisée. Parfois, je pleure, parfois je souris. Tout le temps, je me dis « bon sang, je dois tout reprendre à zéro ».
J’éteins la télé complètement groggy.
Ce n’est pas le énième documentaire sur la lutte des noirs aux États-Unis, même si on retrouve certaines images et figures emblématiques de cette lutte (Dorothy Counts, Rosa Parks, Malcolm X, Martin Luther King).
Ce sont les paroles de James Baldwin. Des paroles vraies, parfois dures, qui vous projettent dans la condition d’un noir aux États-Unis.
Et ça, c’est totalement nouveau.
Au fil du documentaire, ce n’est plus l’histoire des noirs américains que je regarde avec distance, comme une spectatrice. Je M’IMAGINE être noire américaine, vivre leur quotidien de l’époque.
Bien sûr, il met les États-Unis face à leurs responsabilités (esclavage, violence, ségrégation) mais aussi et surtout devant leurs contradictions, leur empathie condescendante, leur bonne conscience maladroite : toutes ces choses dont la communauté noire n’a que faire.
Par exemple, il évoque un discours de Robert Kennedy sur la cause noire. Il dit « Ce discours, tous les blancs l’ont trouvé progressiste et l’ont applaudi. Mais ils n’étaient pas à Harlem où il n’y a eu que mépris et colère en l’entendant ». Je ne comprends pas. Moi aussi, ce discours, je l’ai trouvé progressiste, plein d’espoir. Puis, j’écoute Baldwin et je ressens le mépris et la colère.
Dans mon petit Panthéon personnel, j’ai des êtres qui m’ont fait réfléchir, changer d’avis, grandir. James Baldwin y a fait une entrée fracassante le 25 avril 2017.

 

Youh ouh, la bibliothécaire, quel rapport avec les livres ????

Ah oui, c’est vrai !
Eh bien, le documentaire est devenu un livre du même nom : I’m not your negro.
La Grande Librairie a invité Raoul Peck, la semaine dernière (vous voyez, je ne fais pas que mater François Busnel, j’écoute aussi).
L’occasion, également, de découvrir ou redécouvrir les œuvres de James Baldwin.
Le conseil de Raoul, pour un néophyte, est de commencer par le livre La prochaine fois, le feu.
Ben oui, mais non, car ce titre est indisponible. Sauf certaines occasions (des petits malins ont flairé l’affaire et le proposent entre 65 et 1 200€ sur Fnac.com et Amazon au lieu de 8,20€). J’ai envie de hurler QUE FAIT L’ÉDITEUR GALLIMARD ?
En attendant qu’il soit réédité un jour, j’ai acheté I’m not your negro et Retour dans l’œil du cyclone.
Ces 2 livres viennent grossir « les prochains sur la liste ».

Si vous connaissez James Baldwin, avez lu ses livres ou vu le documentaire, n’hésitez pas à me donner votre avis. Je prends tout 😉

2 commentaires sur “I’M NOT YOUR NEGRO de Raoul Peck et James Baldwin

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